Le Joint Negotiating Panel de l’industrie sucrière, qui compte quatre syndicats, réclame une hausse de 40 % des salaires des artisans et laboureurs de ce secteur. Le syndicat souhaite aussi la mise en place d’un minimum living wage de Rs 13 500. « Cette somme est tout à fait raisonnable », a déclaré son porte-parole Serge Jauffret lors d’une conférence de presse hier. Pour lui, l’heure des négociations est arrivée avec la Mauritius Sugar Producers Association.
Selon Serge Jauffret, cette demande devrait permettre un meilleur partage des richesses et maintenir le pouvoir d’achat des travailleurs de l’industrie sucrière. « Nous réclamons aussi une amélioration dans les grades des travailleurs en abolissant complètement le grade 2 pour les artisans et l’introduction d’un système d’increment », dit le porte-parole du Joint Negotiating Panel (JNP).
Autre demande : l’imposition d’un levy de 2 % après la taxe pour financer un Human Dignity Fund en vue d’aider les travailleurs dans le besoin. La constitution de ce fonds, a ajouté Serge Jauffret, est liée à l’abolition de l’esclavage et à une recommandation de la Commission Justice et Vérité qui a parlé de réparation pour l’exploitation sous le système d’esclavage.
Au chapitre des conditions de travail, le porte-parole du JNP a dénoncé les établissements qui ne respectent pas le pourcentage de 20 % par rapport à leur main-d’oeuvre sous contrat et saisonnière. Il réclame aussi que la semaine de 40 heures étalée sur cinq jours soit appliquée pendant l’entrecoupe et la saison de coupe.
Pour sa part, Devanand Ramjuttun a parlé de la disparité dans les salaires entre hommes et femmes qui font le même travail. « Il ne doit pas y avoir de discrimination au niveau des salaires si les deux font le même travail », a-t-il plaidé. Il a aussi réclamé que les gardiens soient équipés d’un téléphone portable.
Pour Ashok Subron, la bataille au sein de cette industrie n’est pas juste une question d’ordre financier mais aussi de principes. « Nous voulons que le patronat reconnaisse un minimum living wage dans cette industrie, comme établi par Statistics Mauritius lors du dernier Household Budget Survey », a-t-il déclaré. Il a avancé plusieurs raisons pour justifier un meilleur partage de la richesse dans cette industrie en soutenant que la production de sucre par tête de travailleur est passée de 20 tonnes en 2000 à 40 tonnes en 2008 et 48 tonnes en 2012. « Cela profite aux compagnies sucrières ! »
M. Subron a aussi parlé de diversification dans l’industrie sucrière en indiquant que Maurice n’exporte plus de sucre roux mais de sucres raffiné et spéciaux qui permettent aux compagnies sucrières d’obtenir des revenus additionnels. L’énergie et le projet Integrated Resort Scheme (IRS) rapportent également davantage de revenus à cette industrie. Citant des chiffres, M. Subron a indiqué que toutes les compagnies réalisent des profits.