Le troisième dimanche de janvier de chaque année, beaucoup de pays observent la Journée mondiale de la Religion. Une des définitions que donne le dictionnaire Larousse sur la religion est la suivante:
« Comme étant un ensemble déterminé de croyances et de dogmes définissant le rapport de l’homme avec le sacré. »
Le sacré se réfère ici à Dieu ou au Seigneur, le Créateur unique. Et les textes sacrés ont, d’une certaine manière répétitive et progressive, affirmé la capacité de l’âme humaine à posséder les attributs de Dieu …

Depuis la nuit des temps, la croyance religieuse s’est donc développée et multipliée et compte aujourd’hui par milliers à travers les continents. Le Christianisme, par exemple, qui est une religion fondée sur la personne de Jésus de Nazareth (Fils de Dieu), a pris, au cours des siècles, différentes formes de croyances, donnant naissance à diverses Églises. Au cours de ma scolarité dans un collège confessionnel, l’étude de la sainte Bible était obligatoire et un des versets que je retiens est le suivant:

« Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin. » – Mathieu 24:14.
À l’île Maurice, l’histoire nous révèle que l’arrivée des premiers missionnaires (de passage) remonte à 1616. Le bienheureux Père Jacques-Desiré Laval débarqua à l’île Maurice en 1841. Cette bonne nouvelle, dont le Christ faisait référence et qui sera prêchée dans le monde entier, est donc arrivée à l’île Maurice au cours du XIXe siècle. On pourrait alors se demander à quelle « fin » le Christ faisait-il référence.

Dans la Baghavad Gita (le chant du Seigneur), considérée comme “la Bible de l’Inde”, se basant sur un principe religieux universel, Krishna affirme dans les versets 4: 7- 8 :
« Chaque fois qu’en quelque endroit de l’univers, la spiritualité voit un déclin, et que s’élève l’irréligion, ô descendant de Bhârata, je descends en personne. J’apparais d’âge en âge afin de délivrer Mes dévots, d’anéantir les mécréants, rétablir les principes de la spiritualité. »

Baha’u’llah (Gloire de Dieu), fondateur de la religion Baha’i au XIXe siècle, révèle dans le Kitab-i-Aqdas, de manière embryonnaire, un code des lois sociales et spirituelles destinées à l’élaboration de la charte de la future civilisation mondiale. Il affirme:
« C’est là l’immuable Foi de Dieu, éternelle dans le passé, éternelle dans l’avenir… et que toutes les religions proviennent de la même source. »
À l’île Maurice, chaque croyant peut pratiquer sa foi en toute liberté. Et cette liberté religieuse réduit ainsi les conflits et motive le développement sur le plan socio-économique pour plus de justice, plus de générosité les uns envers les autres, plus de paix et de bonheur entre les citoyens.

Ailleurs, des conflits se perpétuent encore au nom de la religion, souvent par mauvaise interprétation et compréhension des textes sacrés. Par contre, à travers les âges, la religion a aussi joué un rôle fondamental en inspirant des civilisations et forgeant les esprits. Avec un patrimoine religieux riche en prouesses architecturales, on pourrait citer les 142 marches en granit qui mènent vers l’église de la Trinité de Brélévenez, en Bretagne, la grande mosquée de Samarra en Iraq, le temple de Kailasa dans les grottes d’Ellora en Inde, les jardins Baha’i qui sont un charmant ensemble de dix-neuf terrasses suspendues menant vers le sanctuaire sur le Mont Carmel en Israël, ou encore, les édifices des trois religions: le dôme du Rocher, l’église du Saint–Sépulcre et la grande synagogue de Belz dans la ville sainte de Jérusalem. Mais les maux de notre société actuelle, société dite de la vitesse, aux inclinations corrompues sont un indicateur très fort de l’éloignement de l’individu par rapport aux valeurs et principes de la religion.

Au cours de cette journée d’observation mondiale de la religion, faisons-nous donc un examen de conscience de notre conduite dans cette existence terrestre et dans notre relation avec Dieu. Car au-delà des dogmes et rituels, la religion se pratique dans les bonnes actions au quotidien.

 

HARRY RAGOO