La tenue des Jeux des Îles en juin 2019 fédérera la nation. Cet élan de patriotisme fera battre les cœurs à l’unisson sous le soleil. Imaginez la foule scandant le prénom du héros du jour… De quoi faire fantasmer nos heureux élus. L’approche des élections a l’effet d’un produit dopant sur la performance de ceux qui désirent marquer leur honorable passage.

Certains ont besoin de sentir le thrill des supporters intellectuellement limités et oublieux de leurs frasques passées. Les “cause-causeries” entre-temps reprennent leur cours immuable. Les ex-frères passeront l’éponge sur leurs différends et aborderont la nouvelle année plus complices que jamais ! Notre système électoral est ainsi fait… à défaut de meilleures propositions.

Sautons du coq à l’âne. J’apprends que le Théâtre de Port-Louis (non loin du Parlement) est condamné à pourrir en silence. Abrégeons sa déchéance. Rasons ce vieux truc (presque bicentenaire) une fois pour toutes ! Ça fera de l’espace pour une station de métro léger ou des parkings. Ce serait un développement moderne. Et ô combien fonctionnel pour nos amis “fonctionnant” dans les parages.

Ne soyons pas pense-petit. On devrait dans la foulée délocaliser le Musée de Port-Louis, bâtisse déconnectée des réalités actuelles. Faisons un beau shopping mall à la place ! C’est bien plus rentable.

Et que fera-t-on du musée, demanderez-vous dubitatif ? Pourquoi pas un muséum d’histoire naturelle 3D. À Ébène ou ailleurs dans la huitième circonscription ? Avec force hologrammes pour conter la nature disparue (dodo compris). Notre Prince du désert devrait connaître du monde pour financer. On lâcherait une petite île éparse en contrepartie et l’affaire sera dans la poche (sans allusion aucune aux commissions d’usage).

La fraude et la corruption prendraient de l’essor. On se demandera pourquoi le remplacement du billet de Rs 2,000 par des coupures plus “propres”, précisément à la veille des consultations ? Les donations (des gentils financeurs, mécènes et autres distingués investisseurs) stockées dans des coffres devraient refaire surface, ou disparaître à jamais ! Ça mérite bien Rs 400 de compensation en janvier 2019.

Il faudra sortir les coupures et les échanger avant le 1er février 2019. Après quoi, le billet rouge ne vaudra pas un clou. Le hasard faisant bien les choses, une loi sur le financement des partis est brandie par l’honorable Petit. Est-ce un stratagème pour endiguer le transfugisme ?

Les brigands du suffrage sont gênés aux entournures pour injecter du liquide à leur guise. Une limitation du montant serait de mise. Pendant ce temps, ceux qui sont aux manettes manœuvrent pour s’attirer des sympathies populaires, à travers moult développements express. Pouvait-on en espérer moins ?

Le politicien peut en effet se décarcasser à l’approche des suffrages. Merci pour la pension et autres prestations sociales; on en oublierait les “impostures” et le jugement du Privy Council, prévu le 15 janvier 2019… si les Law Lords ne réservent pas leur verdict sur l’affaire MedPoint. L’avenir de l’honorable Piti so papi est en jeu et, par extension, celui du pays.

Hormis cette sombre affaire de décaissement de 144 millions de roupies pour acheter la clinique familiale, c’est business as usual. Deux nouvelles radios proches du pouvoir devraient émettre sur la bande FM. Cette probable propagande pourrait concurrencer la télé dans sa mission d’informer la population des moindres déplacements ministériels et “coupages” de rubans.

Et, pendant ce temps, Ivan courtise Paul à l’Assemblée avec une fougueuse éloquence (digne de Roméo et Juliette). Comme une irrépressible envie de refaire alliance avec l’ancien partenaire. Y aurait-il de l’eau dans le gaz entre l’honorable Pravind et Me Ivan ? Qu’importe ! Le cœur du moustachu bat déjà pour un prince vaish. Et ça continue encore et encore. Et ce n’est que le début…