Dans sa chanson du siècle, « Pour les enfants du monde entier », Yves Duteil dit ceci :
« Je n’ai pas l’ombre d’un pouvoir
?Mais j’ai le coeur rempli d’espoir ?
Et de chansons pour aujourd’hui ?
Que sont des hymnes pour la vie
Et des ghettos, des bidonvilles ?
Du coeur du siècle de l’exil ?
Des voix s’élèvent un peu partout ?
Qui font chanter les gens debout 
??Vous pouvez fermer vos frontières ?
Bloquer vos ports et vos rivières 
?Mais les chansons voyagent à pied ?
En secret dans des coeurs fermés »
C’est ce que les extrémistes et les fascistes de tous les temps n’ont jamais pu comprendre. La parole, qu’elle soit chantée, parlée ou écrite, est l’expression d’une pensée. Une pensée, une fois plantée dans le coeur et dans la tête des humains, ne disparait pas sous des coups de fusil.
La pensée se combat par la pensée. La parole se combat par la parole. Nous avons le droit de ne pas être d’accord avec des pensées et des paroles, mais les seules armes autorisées et efficaces sont d’autres pensées et d’autres paroles.
La liberté est une idée si puissante que sa mise à mort symbolique ne peut que la rendre plus forte et plus parlante, car « les chansons voyagent à pied en secret dans des coeurs fermés ». La parole est notre prérogative en tant qu’êtres humains. Ceux qui pensent la contraindre en utilisant la violence ou la terreur se trompent et signent leur défaite.
Dans ce sens, oui, nous sommes tous Charlie…