Chapiteau comble et plus de deux heures de divertissement, un spectacle dynamique où les talents et les nationalités se mêlent. Les artistes du Cirque de Samoa ont ébahi petits et grands venus assister à leur première représentation vendredi dernier. À Bagatelle, le cirque plante son chapiteau pour trois mois. L’occasion pour nous de faire une incursion dans les coulisses et de faire connaissance avec ces artistes de diverses nationalités. D’une grande simplicité et d’humilité, dès l’abord, ils nous parlent de leur passion pour l’art du cirque et leur choix de carrière pour un avenir meilleur.
C’est sur la pelouse du Bagatelle Shopping Mall que le Cirque de Samoa a planté son chapiteau. Derrière, d’autres tentes, érigées pour l’hébergement des artsites, rappellent la vie des nomades. Ici, cela se passe comme à la maison; certains se mettent à la cuisine, d’autres à faire le ménage pendant que d’autres encore font sécher leurs vêtements au soleil. Le quotidien de cette grande famille ne rime pas qu’avec paillettes, excentricités et magie. Une fois hors des lumières du chapiteau, acrobates, jongleurs, clowns redeviennent de simples mortels. Savattes aux pieds, tenues ordinaires, ils passeraient aisément pour des gens ordinaires qui vaquent à leurs occupations. Ils nous reçoivent sourire aux lèvres.
Nous nous entretenons d’abord avec celle qui a laissé le public bouche-bée avec un des numéros les plus improbables. Elle s’appelle Laily Bedum, on la surnomme Fontania. Si on connaît les cracheurs de feu, elle est connue comme la cracheuse d’eau et de poisson. Un art qu’elle a découvert dans son pays. À 45 ans, Fontania ne consomme pas le poisson dans la vie, mais pourtant, son numéro consiste à avaler beaucoup d’eau mais aussi des poissons qu’elle rejette ensuite dans un petit bassin gonflable. Cette prouesse, dit-elle, est commune et très répandue dans les rues de Bengale, Calcutta, où elle vit avec sa famille.
Si cette pratique est courante chez les hommes, Laily Bedum serait la première femme dans son pays à proposer au public ce type de numéro. Un numéro qui commence à se faire connaître, car jusque-là, il ne le pratiquait que dans la rue. «J’ai commencé à l’âge de 24 ans, j’ai tout appris des hommes du village, rien qu’en les observant. Au Bengale, cette pratique est très prisée, des hommes présentent ce genre de numéros dans les rues», souligne-t-elle. Avant de joindre le Magic Circus of Samoa, cette Indienne mariée et mère de deux enfants, a travaillé dans d’autres écoles d’abord. «J’ai pratiqué pendant 5 ans avant d’être engagée par le Rambo Circus, d’abord pendant de nombreuses années avant de rejoindre la troupe Samoa en 2009. Que consomme-t-on et à quels exercices s’adonnent-on pour aquérir une telle maîtrise ? « Cela demande un grand contrôle dans la respiration pour arriver à avaler toute cet eau et les poissons. J’ai aussi besoin de suivre un diet: rien que du thé le matin et rien d’autre. Je ne mange qu’après le show», dit-elle. Pour elle, l’artiste du cirque doit apprendre à vivre loin de sa famille. «C’est un métier qui me convient pour le moment car il me permet de gagner ma vie, mais je n’encouragerai jamais mes enfants à suivre cette voie-là, car c’est beaucoup de travail, c’est un métier très dur», dit-elle.