C’est sous la présidence du directeur de la médiathèque de l’IFM (Institut français de Maurice), Pierre Emmanuel Guilleray, qu’a eu lieu au Hennessy Park Hotel, à Ebène, dans la soirée du mercredi 3 juillet, le lancement du roman de Sylvestre Le Bon. Le président de circonstance a retracé la carrière littéraire prometteuse de Sylvestre Le Bon, comme le témoignent les divers genres littéraires qu’il a taquinés depuis qu’il s’est mis à l’écriture.

Il a échu à Gillian Géneviève, lauréat de plusieurs prix littéraires mauriciens – dont les prix Edouard Maunick (poésie) et prix Jean Fanchette (nouvelles) et qui rencontre Sylvestre Le Bon chaque samedi depuis des années pour des échanges littéraires — de présenter le nouveau roman, « Le rapport du ciel triste ». Un roman qui, selon Gillian Géneviève, désarçonne par le fond comme par la forme. Avec en toile de fond la Seconde Guerre mondiale, le lecteur voyage avec l’auteur d’un pays à l’autre — l’Argentine, l’Allemagne, la France et Maurice.

Des deux premiers pays, nous retiendrons l’association à un certain nazisme. La photo de couverture reproduit une vue du camp de concentration de Buchenwald (Allemagne), et l’auteur dédie son roman à « cette très vieille tante, ancienne résistante et romancière, dont le vécu a donné naissance à un personnage clé de ce roman ». Un roman d’une grande gravité où l’auteur sonde l’âme humaine dans toute sa complexité et invite à mettre à l’écart les caricatures et les clichés d’un autre temps.

La soirée s’est poursuivie avec la présentation d’un message de l’éditeur Philippe Lauret, lu par Marilyne Le Bon alors que Roselyne Lauret a lu un extrait d’une lettre paraissant dans le roman dont voici les premières lignes :

« Cher Michaël,

Je ne sais plus combien de temps s’est déjà écoulé depuis que nous nous sommes séparés. Je n’ai cessé de penser à notre dernière rencontre dans un café de Porte d’Orléans. Le même jour, tu m’avais emmenée dans un motel où nous avions passé une journée inoubliable. Le devoir nous a entraînés, chacun dans une voie différente. Tout aurait été différent s’il n’y avait pas eu cette guerre, cette foutue guerre qui décime les familles, déchiquette les membres et déchire les coeurs. Elle semble ne pas vouloir s’arrêter, et on a l’impression au fil des jours et des semaines de ne plus rien comprendre du tout…. »

Sylvestre Le Bon a tenu à remercier « mon épouse Marilyne qui m’a aidé à la dactylographie de ce roman et soutenu tout au long de ce projet ; à mon ami et homme de lettres Gillian Geneviève, qui m’a autorisé à reprendre quelques lignes du discours qu’il avait prononcé lors d’une réception de mariage, plus précisément celui de l’auteur de ces lignes ; et à Tristan Dieudonné, qui a bienveillamment traduit quelques dialogues en allemand. »

Le roman est disponible sur les sites www.assyelle.com ; www.fnac.fr ; www.chapitre.com ; et www.amazon.fr.

Et dans les libraries mauriciennes : Le Cygne (Rose-Hill), Petrusmok (Hennessy Park Hotel, Ebène) et Le Trèfles (Curepipe), L’Atelier littéraire (rue Saint-Louis, Port-Louis), Bookcourt et les Editions Le Printemps…


Résumé du roman

Alexandre Dunon, un septuagénaire, vit à l’île Maurice. Il est hanté par l’image de son père. Il est amnésique sur une partie de son adolescence, ne sachant pas qu’il est né en France et ignorant les conditions dans lesquelles il a été adopté par une famille mauricienne… Plusieurs décennies se sont écoulées depuis qu’il s’est installé dans l’île. Et un jour, après avoir rencontré son père adoptif sur son lit de mourant, il décide de retrouver son père biologique en espérant qu’il est encore en vie. Ses recherches le mèneront à Paris et à Giessen, en Allemagne, où, grâce à un couple mauricien qui y habite, il apprendra qu’Otto Wierig, son père, centenaire, est toujours en vie. Ce dernier a, en fait, plusieurs fois changé d’identité pour éviter la traque des chasseurs de nazis…


Extrait :

« Pendant des heures, je restais assis, attentif à ce manège mystérieux. Car ce regard, il était si proche de moi. Il m’habitait depuis longtemps, depuis toujours. Il m’invitait à présent à le suivre, au-delà de l’exiguïté de la pièce, du chambranle de bois. Il m’entraînait sur les routes désertes de Beau-Bassin, le long des rues Lesur, Lemaire, de Rosnay. Plus loin, Coromandel, Port-Louis, au-dessus de la forteresse abandonnée de la Citadelle, la montagne des Signaux, Mapou, Forbach. Plus loin encore, à la pointe nord de l’île, Grand-Gaube, Cap-Malheureux, là où les filaos dialoguent avec le vent, où les embruns chahutent face à l’incertitude des éléments. Et l’incertitude de l’étendue et de l’espace qui viennent après… »


 

« La réalité cache souvent les intentions alors que la fiction les révèle. »

Sylvestre Le Bon qui n’en est pas à sa première oeuvre littéraire a bien voulu nous raconter ce qui l’a amené à l’écriture :

« J’ai commencé à gribouiller, maladroitement, laborieusement, mes premiers textes – des vers – au début de la vingtaine. Sans savoir pourquoi, sans savoir ce que je recherchais vraiment. Mais il m’a semblé que ces premiers jets me permettaient d’accéder à cette dimension qui nous habite et qui nous ressemble le mieux : le rêve. J’ai compris que nos rêves les plus téméraires, les plus insensés, les plus grandiloquents se trouvaient à la portée de nos doigts. Ils étaient accessibles, enfin, pour peu que l’on veuille y croire. Ils étaient posés comme des phares dans les plis ennuyeux et ténébreux de notre vie. Ils devenaient une expérience, non pas matérielle, mais sensuelle, sentimentale, vécue. Je me suis attaqué, par la suite, au genre romanesque pour interroger et comprendre la réalité. La réalité cache souvent les intentions alors que la fiction les révèle. »

Il s’est ensuite confié sur l’ensemble de ses œuvres :
« Je suis l’auteur de deux recueils de poésie dont « Rêves en fugue », d’un essai sur l’œuvre de J-M. G Le Clézio, publié en Allemagne et deux romans, « Une destinée bohémienne » et le dernier titre. Ils sont disponibles chez Bookcourt, à la librairie Petrusmok, sur les sites amazon.fr, fnac, et des éditions L’Harmattan et Assyelle.»