Source : france info

Traduit principalement par le réchauffement de la planète, le changement climatique provoque des conséquences sur l’environnement considérables : fonte des glaciers, élévation du niveau de la mer, pollution de l’air et de l’eau, catastrophes naturelles… L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) rapporte une hausse des températures de 0,85 degrés depuis les 130 dernières années, avec une augmentation de 0,18 degrés par décennie depuis 25 ans. Le changement climatique modifie l’environnement, mais pas seulement! Avec la multiplication des événements extrêmes, on voit aussi se multiplier les cas d’allergies, de maladies infectieuses, cancers de la peau… Le changement climatique constitue en effet, une nouvelle menace importante pour la santé publique et modifie la façon dont nous devons envisager la protection des populations vulnérables, souligne l’OMS.

De nombreuses maladies importantes sont en effet, hautement sensibles au changement des températures et du régime des précipitations. Ce sont par exemple des maladies à transmission vectorielle courantes comme la dengue ainsi que d’autres grandes tueuses comme la malnutrition et les maladies diarrhéiques. Entre 2030 et 2050, l’OMS s’attend à ce que le changement climatique entraîne près de 250 000 décès supplémentaires par an : 48 000 dus à la diarrhée, 60 000 au paludisme, 95 000 à la sous-alimentation des enfants et 38 000 à l’exposition à la chaleur des personnes âgées. En affectant l’air, l’eau potable et la nourriture, le réchauffement de la planète a des répercussions à long terme sur la santé. Des conséquences largement méconnues.

D’où la mobilisation de quantité de chercheurs sur la planète pour comprendre les nombreux effets du changement climatique qui ne seront pas également ressentis sur toute la planète. Selon l’OMS, les populations des pays en développement, notamment celles des petits états insulaires, des zones arides ou de haute montagne, et des zones côtières densément peuplées sont considérées comme particulièrement vulnérables. Les effets directs les plus évidents du changement climatique sont l’augmentation du stress lié à la chaleur, des inondations, de la sécheresse et des phénomènes météorologiques extrêmes comme les cyclones. Mais il s’accompagne également d’effets indirects tels que la pollution atmosphérique, la propagation des maladies transmises par des vecteurs comme les moustiques, les déplacements de population, et les états de stress post-traumatique causés par les catastrophes naturelles.

Un point pour mieux comprendre les principaux effets du changement climatique sur la santé des êtres humains qui sont les vagues de chaleur, les maladies liées aux moustiques, la malnutrition, les allergies.

Allergies et maladies saisonnières

De la grippe aux coups de soleil en passant par le rhume des foins, la hausse des maladies saisonnières est une des illustrations des effets du changement climatique sur la santé. En effet, ces pathologies qui se manifestent à certaines périodes de l’année, sont caractérisées, entre autres, par une météorologie particulière. Selon les chercheurs, le changement climatique menace directement la qualité de vie des personnes affectées par les pollinoses, ces allergies respiratoires causées par les pollens comme les rhinites et l’asthme allergiques. Il entraîne en effet une augmentation de la température, de l’humidité et de la concentration en CO2 de l’atmosphère.

Or, ces facteurs favorisent la croissance des plantes et donc la production de pollens. Ils prolongent aussi la période de pollinisation. De plus, les effets allergènes des pollens sont renforcés par la pollution de l’air.

Par ailleurs, les virus comme celui de la grippe supportent mal les températures extrêmes et les variations de température, et ont tendance à n’être présents que sur une période relativement courte. Une démarcation moins évidente entre les saisons peut provoquer le maintien des températures à un niveau constant. Par conséquent, les maladies saisonnières pourraient être amenées à sévir toute l’année.

Maladies cardiovasculaires et respiratoires

Les effets dévastateurs des vagues de chaleur sur la santé humaine sont bien connus et contribuent directement à la mortalité par maladies cardiovasculaires ou respiratoires, en particulier chez les personnes âgées.

La chaleur peut en effet entraîner du stress thermique, aggraver une insuffisance cardiaque déjà existante ou augmenter le risque d’insuffisance rénale liée à la déshydratation. Les risques de maladies respiratoires et cardiovasculaires sont accrus en cas de forte chaleur et de pollution de l’air. Les épisodes caniculaires ayant causé de nombreux décès chez les seniors (70 000 en Europe en 2003) en sont les exemples les plus parlants. À elle seule, la pollution de l’air cause 6,5 millions de morts chaque année, dont la plupart sont consécutives à des affections cardiovasculaires ou pulmonaires. Les pays les plus pauvres et ceux en voie d’industrialisation rapide sont les plus vulnérables, font ressortir les chercheurs. De même, la pollution a également tendance à augmenter les risques de crises d’asthme.

Infections

Parmi les maladies les plus étroitement liées au climat, figurent les maladies vectorielles, ainsi que les maladies liées à l’alimentation, à l’eau et au sol. La hausse des températures et du taux d’humidité favorise la propagation de plantes porteuses des parasites en cause dans les maladies comme le paludisme. Transmises par les moustiques, ces affections pourraient se développer dans des zones géographiques plus étendues qu’actuellement. Le réchauffement du climat a par ailleurs élargi le champ d’action du moustique porteur de la dengue, augmentant son aptitude à transmettre la maladie de 9,4% depuis 1950, tandis que le nombre de malades était presque multiplié par deux tous les dix ans. Personnes à risque Les populations les plus exposées aux effets du changement climatique sur la santé sont celles vivants dans des zones isolées, dans les pays en développement, sans infrastructures de santé, et dans des zones aux températures extrêmes comme les régions polaires. Les enfants, en particulier dans les pays pauvres, les personnes âgées présentant déjà des pathologies, et les individus présentant des allergies font également partie des personnes à risques.

Traitements et solutions

Si le changement climatique persiste, notre planète pourrait devenir un lieu très différent et difficile à vivre à l’avenir. Au cours des prochaines années, ce phénomène pourrait accélérer la dégradation des sols et réduire radicalement les terres agricoles d’ici à 2050. Il pourrait aussi entraîner un appauvrissement des ressources en eau. L’écart entre les besoins en eau et les ressources disponibles pourrait atteindre 40 % au cours des prochaines décennies, avec de graves conséquences sur la capacité des populations à se nourrir et, partant, sur leur santé.

Pour limiter les effets néfastes du dérèglement climatique sur la santé des populations, l’OMS préconise la mise en place de mesures visant à diminuer les émissions de gaz à effets de serre. Utiliser des sources d’énergie plus propres et avoir recours aux transports en commun font partie des actions concrètes pouvant contribuer à réduire la pollution de l’air.