Pas d’école, mais pas de repos. Du moins une fois la grasse matinée finie pour les uns alors que les autres sont déjà sur le pied de guerre. La période de confinement ne ressemble pas du tout à des vacances pour les plus jeunes.

Preksha Chatoie, 12 ans : “Le confinement m’embête”

Fille d’une mère enseignante en primaire et d’un père policier, Preksha Chatoie, collégienne au Mohun Parsad Sharma Jugdambi SSS, est catégorique : elle préfère aller à l’école plutôt que de rester à la maison! “Mes amies me manquent beaucoup”, avoue la jeune fille. “Mais on doit rester à la maison pour ne pas attraper le coronavirus, une vilaine bête invisible qui tue les gens. Mais le confinement m’embête juste un peu. Parfois je me sens comme une prisonnière”, explique cette élève de Grade 7. Et d’ajouter : “Je m’ennuie beaucoup même si j’ai davantage le droit de regarder la télévision et de jouer avec la tablette. Tous les jours je fais la même chose : réveil, manger, devoir, dormir… Et puis, je n’ai pas le droit de sortir”. La cadette de la famille utilise donc WhatsApp, qui sert à partager ses devoirs, pour parler à ses amies. “Mais ce n’est pas la même chose…” regrette-t-elle. Preksha, qui adore se lever un peu plus tard, a toutefois trouvé la solution pour ne pas trop s’ennuyer : Tik-Tok !

Nirvana Guness, 8 ans : “J’ai un emploi du temps”

À Goodlands, Nirvana, du haut de ses 8 ans, a des journées bien organisées. “On a réussi à s’organiser, après des premiers jours un peu chaotiques”, explique sa maman avant de laisser la parole à sa fille. “J’ai un emploi du temps que maman a écrit sur une feuille, avec des heures précises pour regarder la télé, jouer et faire mes devoirs”, souligne cette écolière de Le Nid Primary School Triolet. Elle admet, à demi-mot, que l’école lui manque un peu. En dehors des devoirs ? “J’aime bien faire de la peinture, faire le ménage et la cuisine avec ma maman. Et surtout taquiner mon grand frère”, dit l’élève en Grade 3 en souriant. Elle n’oublie pas non plus de profi ter de ses oiseaux et de regarder sa série favorite sur YouTube, The LaBrant Fam. Et si elle a fini par comprendre l’intérêt d’un tel confi nement malgré son âge, c’est grâce à sa mère. “Corona est le pire virus du monde, il faut se protéger et rester à la maison”, conclut Nirvana.

Kalaiarasi Chellapen, 9 ans, Roches Brunes : “Je préfère apprendre à l’école”

Plus d’école et plus de contraintes horaires. Kalaiarasi est ravie de pouvoir rester à la maison. Mais elle sait aussi que ce ne sont pas des vacances. “En réalité je suis très triste ne pouvoir voir mes amis. Je préfère apprendre à l’école plutôt qu’à la maison », se désole Kalaiarasi, qui est en Grade 5 à l’école du gouvernement de Roches Brunes. Pour cette enfant qui aime les mathématiques, “il faut être en confinement pour empêcher le virus de se répandre dans le pays. On ne peut pas sortir de la maison sans une raison valable”. Comme beaucoup d’autres élèves de son âge, Kalaiarasi partage ses journées entre les leçons et la télé. Elle aide aussi sa maman à cuisiner et à veiller sur son petit frère, âgé de deux ans et demi. En ce qui concerne ses devoirs, elle dit aimer écouter les programmes éducatifs diffusés sur Radio Maurice entre 11h et 14h pour les élèves de Grade 5 et 6. Ce confi nement a permis à Kalaiarasi de découvrir de nouvelles recettes. Une expérience qu’elle n’est pas prête d’oublier, c’est quand le repas a été préparé sur un feu de bois car son père n’avait pu se procurer une bonbonne de gaz.

Yashvir Jahree, 7 ans, Centre de Flacq : “Rester à la maison pour tuer le virus”

Âgé de 7 ans et élève à l’Orchard Kids School de Highlands, le petit Yashvir dit qu’il n’a pas son permis pour sortir. “On doit rester à la maison pour ne pas tomber malade”. Si en temps normal il se levait à 7h du matin, pendant cette période de confinement, le jeune garçon peut maintenant rester au lit jusqu’à 8h. “Mon papa et maman ont fait un time table pour organiser la journée. Après le petit-déjeuner, je dois faire mes devoirs et après je peux jouer sur ma tablette. Mes devoirs sont envoyés par WhatsApp”. Le petit aime s’adonner au foot dans son jardin avec son père. Il joue aussi aux jeux de société avec sa mère, mais se dit attristé ne plus pouvoir jouer avec ses amis et de plus voir sa prof. Ce petit fan de Spider Man et de Bob l’éponge, n’oublie pas de nous donner un bon conseil : “On doit rester à la maison pour tuer le virus”.

Elisa Grenade, 7 ans, Rose Hill : “C’est comme être prisonnier chez soi”

Quand on demande à la petite Elisa, élève en Grade 2 à l’École Philippe Rivalland RCA, en quoi consiste le confi nement, elle répond : “Rester à la maison, c’est comme être prisonnier chez soi”. Fan de La Reine des Neiges, à l’école elle a une préférence pour le français et s’applique tout autant en hindi. “On doit rester à la maison parce qu’il y a un virus qui se propage dans mon pays. Ce virus est très dangereux pour les humains”. Et quand on lui demande si elle était contente a l’annonce de la fermeture des établissements scolaires, Elisa répond “non” car ses amis lui manquent de même que son enseignante, Miss Daniella, et les classes de Holistic Education de Monsieur Andy. La journée d’Elisa est très bien organisée : “C’est comme l’école mais à la maison. Je dois faire la lecture et réviser, mais après je peux jouer avec mon chien, regarder la télé, faire des appels vidéos à la famille et à ma meilleure amie Sheilbhy, parler aux voisins, mais de loin. Nous assistons aussi à la messe sur Facebook, car même en cette période de confi nement le carême continue”. La petite fille a un souhait : “Que les personnes malades guérissent vite !”

Terish A., 11 ans : “Passer plus de temps ensemble”

Terish était plutôt curieux et souhaitait en savoir plus sur cette pandémie. “Mes parents m’ont alors expliqué que le confinement, c’est d’avoir à rester à la maison pour ne pas attraper le coronavirus. Si on attrape ce virus, on peut mourir ou contaminer les personnes autour de nous”, résume le collégien de Piton SSS. “Le docteur à la télé nous dit la même chose tous les jours : évitez de sortir. Viris-la pa marse. Se nou ki fer viris marse”. L’adolescent apprécie également de passer plus de temps avec ses parents, surtout son père. “Papa travaille à l’hôtel, il part tôt le matin et rentre tard le soir. À présent, il est à la maison et on arrive à passer plus de temps ensemble”, se réjouit-il. Ses journées sont complétées par des révisions. Ce qui lui manque le plus : “Mes amis”.

Kerry Cousnapa, 8 ans : Heureux et conscient

Kerry Cousnapa est heureux en ce moment. Âgé de huit ans et en Grade 4 à l’école Wooton à Curepipe, il n’est plus question pour lui de se réveiller tôt le matin afi n d’aller à l’école : “Je me réveille à une heure tardive, j’aide mon père à faire la cuisine, j’apprends mes leçons et je profi te également pour jouer avec ma petite cousine âgée de trois ans. Je joue aussi à des jeux tels que le Street Racing, Ninja Warrior, Drag Racing, Alplha Guns 2 ou encore le Metal Soldiers 2 sur ma console.” Kerry reste cependant lucide face aux impératifs du moment : “Le confinement c’est pour moi un moyen de me protéger et de protéger mon entourage.

Tiana Purahoo, 8 ans : Pas une minute à perdre

Tiana a un agenda très bien organisé pendant cette période de confinement. A 8
ans elle n’aime pas se cloîtrer devant la télévision et préfère s’occuper et profiter
pleinement de ses journées. Après avoir pris un petit déjeuner copieux préparé par
sa mère, Tiana explique : “Le matin je fais de la lecture. J’adore lire et me cultiver
et j’apprends également mes leçons, ensuite je fais de la peinture.” La fillette n’a
pas une minute de répit, pour elle, le temps est précieux. Elle poursuit : “Ma famille et moi faisons du yoga tous les jours. Nous jouons à des jeux de société dont
le Monopoly. Ma mère et moi faisons des gâteaux. Nous adorons inventer de nouvelles recettes.” Entourée par une famille Tiana dit se sentir protégée et en sécurité.

Chloé Poynee, 17 ans : “Soutenir ma mère”

En Grade 11 au Collège Friendship Girls de Goodlands, Chloé, 17 ans, trouve que cette période de confi nement est une occasion pour sa famille de se retrouver et de passer plus de temps ensemble. D’autant plus que le récent départ du père de famille pour le Canada laisse un vide : “Nous essayons de profiter de chaque instant pour soutenir notre mère dans cette épreuve.” Chloé et ses trois frères participent davantage aux tâches ménagères. La jeune fi lle elle s’est mise à la pâtisserie et prépare de bon petits plats avec l’aide d’un de ses frères. “Je suis également mes cours via Whatsapp. Donc je continue à avoir des devoirs régulièrement”, dit la jeune fille.