Le premier homme de la vie d’une femme ne peut être que son père… « l’auteur de ses jours ». Si elle a de la chance, ce sera le seul homme à l’aimer pour de vrai… de façon inconditionnelle, presqu’autant que la mère… d’un amour parfait, protecteur, paternel. Si elle a moins de chance, ce sera un père au conditionnel, qui voudra du retour sur investissement… qui ne supportera aucun échec, aucune faille… et bien moins une trahison. Nous, les filles mauriciennes, sommes-nous des filles choyées ? Nos pères nous aiment-ils au-dessus de tout ? Sont-ils capables de sacrifier leur ego, leur amour surdimensionné ou encore leur peur de voir quelqu’un nous faire souffrir ? Sont-ils conscients d’être nos premiers chagrins d’amour ? Les premiers qui nous blesseront à l’adolescence à cause du copain à mobylette, trop peu ambitieux et pas assez de bonne famille pour leur ‘princesse’ ? Sont-ils conscients de nous demander trop, quand à l’âge adulte le premier emploi n’est pas « gouvernman »ou quand le premier salaire est trop précaire ? Ce que mon père, et bien d’autres, n’ont pas compris, c’est que l’on recherche toutes à les rendre fiers, à leur faire honneur… à même sacrifier notre bonheur pour ce faire. Mais parfois ils en demandent trop… et c’est le coeur lourd que nous faisons le choix de nous tourner vers un nouvel être à aimer…
Le deuxième homme de la vie d’une femme est souvent son ami, amant ou mari… celui à qui elle donnera son coeur, à 18 ou 38 ans… sur une bécane appuyée contre le mur ou bien devant un feu sacré. Celui-là, ça sera un amour d’un autre genre… sans recul, ni calcul. Un amour intense, irréfléchi, irrationnel. Un amour avec un grand A, qui sera le sujet de tous nos « carêmes »et de toutes nos conversations. Cet amour-là ne se quantifie pas. Quand on le voit sourire, c’est le ciel qui s’ouvre… quand nous sommes dans ses bras, c’est la terre qui s’enfonce sous nos pieds… quand il nous embrasse, c’est le feu de l’éternité qui brûle en notre âme. De lui, nous voudrons des caresses et des promesses… plus que toute autre largesse qu’il serait capable de nous offrir. Cet homme-là, nous ferons tout pour le conquérir, l’adoucir et le maintenir à nos côtés. Nous lui pardonnerons toutes ses fautes, tous ses mensonges, tous ses abus, toutes ses fausses paroles. Si nous portons ses enfants, aucune rupture, aucune amertume ne pourra l’effacer de nos vies… puisque nous serons à jamais liés par le fruit d’un amour, bien que celui-ci aurait été passager.
Le troisième homme de la vie d’une femme est son fils… cet homme qu’elle aura à faire à l’image de l’homme parfait, comme elle le conçoit. C’est l’homme qu’elle mettra au monde et qu’elle aimera plus que son père ou son mari… plus que ces autres hommes qu’elle aura connus. C’est celui pour qui tout sera sacrifié, rejeté, oublié. Ce sera son épicentre, le souffle de sa vie, son soleil, son énergie. Pour ce fils, elle sera debout très tôt, à lui préparer le petit déjeuner et les encas scolaires. Elle l’attendra à la sortie de l’école tout petit… et ne le prendra pas mal quand il préférera rentrer avec les copains à l’adolescence. Elle aura un pincement au coeur devant cette première fille qu’il ramènera, par ce qu’elle saura que cela sera la fin définitive d’une relation intense… d’un amour exclusif. Elle le verra s’éloigner… s’en aller, choisir d’autres voies, d’autres cieux. Elle ne lui tiendra pas rigueur, pourvu qu’il donne signe de vie de temps en temps… et le plus important, qu’il soit heureux. Cet homme qu’elle aura façonné, elle espérera qu’il ne fera aucune femme souffrir… qu’il sera tout ce dont elle-même aurait rêvé.
Ce sont les hommes de la vie d’une femme. Certaines ne les connaîtront pas tous… mais y penseront, en rêveront, et surtout, y espéreront. Et nous avons bien de la chance, celles d’entre nous qui les onttous les trois à nos côtés.