Leur réponse à la pandémie ? L’humour. A travers des vidéos postées en ligne, des comédiens tentent de redonner le sourire à la population. Leurs sketchs servent également à sensibiliser, notamment pour inviter les gens à res zot lakaz.

Madame Monique a repris du service, vou zot ! Mais en ce confinement, on ne l’aperçoit plus dan lakrwaze ou dan bor sime. La bonnfam se plaint d’ailleurs de ne plus pouvoir vey zafer dimounn, son activité préférée. Vous croyez que ça l’empêche de fer palab ? Zot ô, c’est mal la connaître ! Son opinion d’experte lagazet sifon ble, elle le partage sur les réseaux sociaux désormais. Et avec raison, tansion ou krwar.

Ainsi reprend vie le personnage interprété par Miselaine Duval dans la pièce Police Tropicale. “Les gens aiment ce genre de personnages qui passent leur temps à tout surveiller et donner leur opinion sur tout”, explique la comédienne. L’humour lui sert également à transmettre des messages quant aux règles à observer pendant la pandémie de Covid-19.

Miselaine Duval : “Le rire c’est la santé avec Komiko”

Yenn kaze.

Comme elle, d’autres humoristes ont gagné la toile durant ce confinement. A l’instar du groupe Freeman, composé de Laval (Gino Langevin), Suzanne (Gréta Boulaye) et Fano (Robert Alfred), épaulés de leurs compères Soldat Casse-Patte (Mario Veerasamy) et Mary (Faniella Faron). Ils sont visibles sur la page Facebook Zolizoli Events. “Nous nous sommes dits que nous devions contribuer à déstresser les gens en les faisant rire”, soutient Gino Langevin. “Nous essayons de rendre le confinement soit moins difficile pour eux. En même temps, c’est un plaisir pour nous aussi. Nou yenn pe mari kraze.”

De son côté, Sam Ammigan n’avait pas envisagé faire de sketchs pendant le confinement. L’humoriste et animateur a eu un déclic en allant s’acheter une bonbonne de gaz. “Je m’étais retrouvé dans une longue file d’attente. Quelqu’un devant moi a acheté quatre bonbonnes. En repartant, une dame handicapée lui a demandé s’il pouvait lui en donner une. Le monsieur a refusé. Ça m’a terriblement touché. Au final je lui ai donné la mienne, puisqu’il n’y en avait plus en stock. Il y a quelques mois à peine, nous étions tous unis autour des Jeux des îles. Comment se fait-il qu’on soit devenu aussi centré sur soi-même ?”

Sous l’encouragement de son fils, il crée alors un personnage. Arborant une perruque et prenant une voix des plus loufoques, Sam Ammigan peste contre ceux qui ne respectent pas le confinement. Sa vidéo a récolté plus de 30 000 vues.

Dispositions spéciales.

“Nous ne pouvons pas trop contribuer avec les Rs 5 100 que nous percevons, mais nous pouvons quand même apporter du sourire aux Mauriciens”, soutient Didier Anthony. En compagnie d’Olivier Sirop, ils présentent Didier et Olivier dan ou Lakaz sur Facebook. Des lives réguliers dans une émission délirante avec des sketchs, de la musique, de la danse. Et surtout de la bonne humeur. “Nous voulons que les familles passent un bon moment de détente en notre compagnie autour de l’humour”, concède Olivier Sirop.

L’équipe de One Tv a également attrapé la balle au bond. On les retrouve régulièrement sur leur page Facebook dans Ces gens en confinement. “Nous remarquons une augmentation de vues, de likes et de partages depuis le confinement”, observe Vincent Duvergé. “Nous mettons en scène des situations que nous vivons en ce moment, mais en les rendant drôles. Nous essayons d’exploiter les difficultés auxquelles font face les gens en ce moment.”

La démarche, confie-t-il, est bien plus compliquée qu’il n’y paraît. “Le fait de ne pas être dans la même pièce rend les choses différentes, un peu plus compliquée. Mais c’est un challenge intéressant. Nous tenons des séances de brainstorming en ligne afin d’avoir des idées. Nous décidons ensuite individuellement ce que l’on fait et à quel moment. Notre collègue, Alison Mootien, s’occupe par la suite du montage.”

Devoir.

Entre chaque vidéo, les humoristes confient recevoir des messages d’impatience de la part des fans, qui en redemandent en permanence. “On publie des vidéos assez régulièrement, mais quand on tarde un peu, le public commence à s’impatienter”, relate Gino Langevin. Miselaine Duval essaie de produire une vidéo tous les jours, “mais il faut aussi trouver le temps de travailler et d’avoir des idées afin de présenter quelque chose de qualité”. Hors des studios, c’est avec les moyens du bord que les comédiens se filment. “Nous faisons ce que nous pouvons avec le matériel que nous avons”, concède Miselaine Duval. “C’est notre devoir de citoyen et d’artiste”.