Après la rencontre du ministre du Tourisme, Anil Gayan, avec la direction de Sun Resorts et des opérateurs de BBQ sur l’île aux Cerfs il y a quelques semaines, le flou persiste. Deux clans ont émergé parmi les opérateurs, ceux qui figurent sur la liste officielle et ceux qui devront plier bagage.
La question de délocalisation des opérateurs de barbecue ne date pas d’hier. Après une énième rencontre, la décision a été prise que seuls six opérateurs historiques seront choisis pour opérer sur l’Ilôt Couba. C’est ce que nous avance une source proche du dossier. Une décision qui laisse la dizaine d’autres opérateurs des nues. « Comment vont-ils faire ? Ils ont travaillé pendant plusieurs années sur cette île et ont développé une relation solide avec leur clientèle. Ils sont dans l’angoisse », soutient Georges Ah-Yan, représentant du comité des opérateurs de BBQ de Trou d’Eau Douce/île aux Cerfs.
Soulagement
Dans une réunion il y a une semaine à Trou d’Eau Douce, où une quarantaine de personnes s’est déplacée, les opérateurs dits “non-historiques” — soient ceux qui sont récemment venus développer leur business —, se disent dans le flou total. « Nous sommes tombés d’accord pour adresser une lettre à la direction de Sun Resorts pour qu’elle nous explique le problème, la décision prise par l’établissement et surtout pour qu’on écoute nos propositions », soutient Georges Ah Yan. Ces derniers, qui n’ont pas été contactés officiellement par les autorités, se disent laissés pour compte et souhaitent avoir une rencontre avec les autorités et la direction.
Du côté des opérateurs historiques, les choses avancent enfin. C’est un ouf de soulagement pour Moïse Dardenne, qui opère sur l’île avec sa famille depuis plus de 20 ans. « Nous ne nous réjouissons pas à l’idée que les autres doivent partir parce que nous, nous aurons un emplacement. Là n’est pas la question, sauf que l’on doit tous se rendre compte que les choses ne peuvent pas continuer ainsi et dans de telles conditions », affirme-t-il. « L’on ne peut pas faire autrement. »
Les opérateurs historiques en contact régulier avec la direction de Sun Resorts se disent soulagés. « Depuis des années, nous luttons pour trouver une solution, et cette fois je pense que le ministre Gayan ainsi que la direction de Sun Resorts sont déterminés à résoudre ce problème une bonne fois pour toutes », relate Moïse Dardenne. « Il est ici question d’hygiène et de service. Depuis deux à trois ans, le nombre de vendeurs de grillade a augmenté exponentiellement, alors que le niveau d’hygiène a baissé conséquemment pour certains des opérateurs illégaux. L’on ne peut pas faire un barbecue n’importe comment. Il faut mettre de l’ordre dans tout cela », affirme ce dernier.
Même son de cloche du côté des plaisanciers, soit les Eastern Federation of Pleasure Craft Operators. « Heureusement que durant ces vingt dernières années, il n’y a eu aucun incident. Mais si on laisse certains vendeurs continuer, les choses ne tarderont pas à tourner au vinaigre », préviennent Darsan Racktoo et Anand Pydegadu de l’association regroupant les plaisanciers de la localité.
Securité
« Notre combat est avant tout pour la sécurité des touristes », soutiennent ces derniers, qui travaillent sur l’île depuis des années. «En sus du problème avec les opérateurs de BBQ, il y a celui des plaisanciers illégaux qui opèrent en toute impunité », déplore Darsan Racktoo. Bénéficiant de l’aide de l’Equal Opportunity Commission, les plaisanciers officiels demandent toutefois des explications et souhaitent voir les choses évoluer, car « cette affaire date de 2013 », ajoute-t-il. « La Coast Guard devrait sévir pour empêcher ces activités illégales », soutiennent ces derniers.
Si les travaux de délocalisation des opérateurs de BBQ vont, semble-t-il, commencer le plus vite possible, le reste attend une rencontre dans l’incertitude, et ce, malgré l’intransigeance du ministre Anil Gayan à leur égard lors de la rencontre tenue en juin dernier.