Les proches d’Emiliano Sala ont imploré les garde-côtes britanniques de reprendre les recherches interrompues jeudi pour tenter de retrouver le footballeur argentin, la police jugeant désormais « infimes » les chances de survie du joueur et du pilote de son avion disparu des radars lundi soir.

« Nous avons passé en revue toutes les informations disponibles (…) et avons pris la décision difficile de mettre fin aux recherches », a annoncé la police dans un communiqué publié hier sur son compte Twitter, soulignant que les « chances de survie à ce stade sont infimes ».

Le père du joueur, Horacio Sala, a lancé un appel similaire depuis l’Argentine: « La seule chose que je demande, a-t-il déclaré à la presse, c’est qu’ils continuent à chercher. Il ne peut pas avoir disparu comme ça ».

« Je sais au fond de moi qu’Emiliano est toujours vivant », a déclaré aux médias britanniques à Cardiff la soeur de l’attaquant, Romina Sala, en pleurs.

« S’il vous plaît, n’arrêtez pas les recherches. Nous comprenons (la complexité de la) tâche, mais n’arrêtez pas les recherches », a-t-elle ajouté. « Pour nous, ils sont encore en vie ».

Le milieu argentin Valentin Vada et l’attaquant uruguayen Diego Rolan, amis et anciens coéquipiers d’Emiliano Sala ont également demandé dans deux vidéos publiées sur les réseaux sociaux la reprise des recherches.

Au total, la police a mené plus de 24 heures de recherches continue, explorant mer, côtes, rochers, îles, à l’aide de trois avions et de cinq hélicoptères. Deux bateaux de sauveteurs ont aussi participé aux opérations, avec l’aide de bateaux de pêche.

L’espoir subsistait également du côté du FC Nantes, que le footballeur venait de quitter pour le club de Cardiff, au Pays de Galles. « Pour la famille, pour Emiliano… Gardons espoir », a tweeté le club.

Un portrait grand format du joueur, visage souriant, a été installé mercredi au centre d’entraînement du FC Nantes. Jeudi après-midi, l’entraînement a été ouvert au public pour « un moment de partage » avec les supporteurs.

Un livre d’or virtuel a aussi été mis en ligne sur le site internet du club pour rendre hommage au footballeur, décrit par un ami comme « une personne humble et généreuse, dotée d’une force mentale hors du commun ».

« Ceux qui ont rencontré Emiliano décrivaient un jeune homme humble et agréable, soucieux de faire la preuve de son talent en Premier League », a déclaré de son côté le propriétaire de Cardiff City, Tan Sri Vincent Tan, dans un communiqué.

« Nous continuons de prier pour Emiliano, (le pilote) David Ibbotson et leurs familles ».

Mercredi matin, les enquêteurs envisageaient encore que les deux hommes aient pu se réfugier sur le canot de sauvetage qui était dans leur appareil.

« Signes inquiétants »

« S’il y avait quelque chose à trouver, je pense, comme nous étions sur place très rapidement, que nous aurions dû le trouver », avait cependant expliqué dans la soirée à l’AFP John Fitzgerald, le responsable du service de secours Channel Island Air Search.

Mardi, les enquêteurs avaient trouvé des débris flottant dans l’eau, sans pouvoir dire s’ils venaient de l’avion, et trois jours après la disparition, les circonstances du drame restaient toujours aussi mystérieuses.

Cardiff, qui venait de recruter l’attaquant de Nantes pour un montant estimé à 17 millions d’euros, a précisé que Sala avait organisé lui-même son voyage. On sait également qu’Emiliano Sala s’était inquiété de l’état de l’avion.

L’agent britannique Mark McKay a déclaré à Sky Sports News avoir aidé à organiser le voyage: « Quand Emiliano m’a dit ainsi qu’à son agent, Meïssa N’Diaye, qu’il souhaitait retourner à Nantes après son examen médical et sa signature vendredi, j’ai commencé à chercher un vol privé pour l’emmener à Nantes samedi matin ».

« Ce soir-là, il a été confirmé qu’un avion était disponible samedi pour Emiliano et pourrait rester à Nantes jusqu’à ce qu’il reparte à Cardiff », a-t-il expliqué.

« Tout pointe vers un accident tragique », a déclaré le président de Cardiff Mehmet Dalman au site Wales Online.

Arrivé jeune en France et formé à Bordeaux, puis prêté à différents clubs français (Orléans, Niort, Caen), Sala avait fini par signer en 2015 pour un million d’euros à Nantes.

Après avoir vu s’évanouir la possibilité d’un transfert en Turquie à Galatasaray cet été, il avait finalement obtenu un bon de sortie au mercato d’hiver, au grand dam de l’entraîneur Vahid Halilhodzic, avec lequel il avait tissé une relation forte.