Pendant les trois jours où Bansi a tenu le pays en haleine, ils ont dû tout quitter pour trouver refuge dans un des centres prévus à cet effet. Une habitude pour ces familles, qui vivent dans des conditions précaires et qui sont contraintes de délaisser leur domicile à chaque passage de cyclone ou lorsqu’il y a des pluies torrentielles.
Rencontre avec ces réfugiés qui espèrent un peu de soleil dans leur vie.
La petite pièce faisant office de chambre à coucher pour elle et ses deux enfants, âgés de 10 et 5 ans, est dans un sale état en ce troisième jour d’alerte cyclonique. Quelques meubles et des matelas, empilés sur une petite table, afin d’éviter qu’ils aient contact avec l’eau qui a inondé toute la pièce, lundi soir. Les feuilles et les morceaux de branches, entassés sur le sol, indiquent que l’eau a encore une fois traversé cette maisonnette de Cassis.
Le regard abattu, Violene Flore se perd dans ses pensées, face à ce “cauchemar”. Encore une fois, il faudra tout nettoyer et tenter de sauver ce qui peut encore l’être. “À chaque fois que je fais un effort pour améliorer ma condition de vie en achetant un petit quelque chose pour la maison, les grosses pluies finissent par me les reprendre. Je suis à bout. Je ne crois pas que je retrouverai la force de recommencer.”
Depuis qu’elle a tout abandonné pour trouver refuge au centre communautaire de Vallijee lundi soir, la jeune femme de 20 ans n’avait pas remis les pieds dans sa maison. En route pour nous montrer les dégâts qu’aurait éventuellement causés le cyclone Bansi, elle disait appréhender le pire. Violene ne s’attendait pourtant pas à une telle catastrophe.
Les larmes aux yeux, Violene Flore confie qu’elle souhaite quitter cet endroit au plus vite. Lasse de devoir plier bagage à chaque fois que de grosses pluies s’abattent sur Cassis ou que la station météorologique de Vacoas annonce des averses, la jeune femme craint pour la sécurité de ses enfants.
Tout comme Joanne et Sleevy Flore, qui s’étaient également réfugiés au centre durant les trois jours de cyclone. “Nounn fatige galoup dan Sant kouma lapli vini”, dit ce dernier. Père d’un petit garçon de 3 ans, il raconte que depuis le 30 mars 2013, “mo pa pe aret fer defet”.