Quand elle tombe le masque, la triple championne de Maurice en escrime Caroline Mamet continue de combattre. En effet, depuis septembre 2018, avec son entraineur Kevin Museliah, elle a ouvert un club d’escrime au Moka Rangers pour promouvoir et partager sa connaissance de cette discipline. De plus que ce sport de combat, peu connu à Maurice, est doté de nombreux bienfaits et atouts.

Petits, grands, filles, garçons, forts, moins forts, jeunes ou moins jeunes, tous peuvent pratique l’escrime. “Bien que ce soit une discipline sportive la condition physique n’est pas prépondérante”, indique Caroline Mamet qui a découvert la pratique de cette discipline en 2016. L’escrime est une activité sportive qui permet un affrontement intense et sans brutalité ; l’opposition se faisant sans contact corporel direct contrairement. De plus, l’usage d’armes identiques réduit l’impact des différentes morphologiques entre les tireurs.

La pratique de l’escrime rajoute la triple championne de Maurice se construit “principalement sur le plan cognitif c’est à dire la compréhension des règles, la mise en place d’une tactique et l’adaptation à l’adversaire.” Même s’il requiert d’avoir un esprit de guerrier, l’escrime n’est pas un combat fondé sur la force. Un bon escrimeur est surtout un stratège qui doit savoir observer, analyser et anticiper. Cependant le respect de l’adversaire en toutes circonstances est primordial. Pour la responsable administratif du club d’escrime Moka Rangers : “L’escrime a toutes ses chances pour évoluer à Maurice. C’est un sport physique, intelligent et surtout passionnant.”

Approche pédagogique.

A ce jour, le club du Moka Rangers compte une cinquantaine d’escrimeurs. Parmi les objectifs de 2020, le rajout d’une classe pour le 6-7 ans suite à plusieurs requêtes. En général, la pratique de ce sport peut se faire à partir de 4 ans à travers des cours d’initiation pour développer sa capacité à s’orienter dans l’espace, sa concentration et sa motricité. “Pour les petits, l’entraineur organise les exercices avec des sabres en plastique”, dit Caroline Mamet. Outre d’apprendre le travail en équipe et les règles, l’escrime aide au développement de la coordination. En effet, l’escrimeur doit utiliser ses quatre membres indépendamment les uns des autres. Il y a aussi la précision du geste ce qu’on appelle la motricité fine. La pratique de l’escrime développe les muscles en profondeur, tonifie et affine la silhouette.

Une fois cette étape maitrisée, on commence à travailler sur la vitesse, sur les temps de réaction et d’exécution. “Ce sport est avant tout un combat tactique où il y a des moments pour attaquer et pour se défendre”, précise la championne de Maurice et licenciée du club La Buse Escrime de La Réunion. Elle indique que l’un des points forts de cette pratique sportive est la maîtrise de soi. “Je dis toujours aux élèves que l’on n’est jamais perdant car on en ressort toujours gagnant même sans victoire. On apprend à accepter ses erreurs, à ne pas se décourager et à continuer quoi qu’il arrive.”

Un sport complet

L’escrime requiert des qualités tant physiques que mentales. Côté physique, il nécessite impose des réactions rapides afin de surprendre l’adversaire. L’endurance est nécessaire pour aider à tenir le rythme soutenu des 3 fois 3 minutes en compétition. Sur le plan mental, l’escrime demande de la persévérance et de la stratégie, une envie de gagner, de la patience et aussi du courage. Le Club Moka Ranger est en attente d’obtenir son affiliation auprès de la fédération d’escrime pour être en mesure de participer aux compétitions locales.

Avant de devenir un sport olympique, l’escrime fut d’abord une discipline historique longtemps considérée comme un pratique noble. Elle demeure l’un des très rares sports où le français est la langue officielle. En fait, Caroline Mamet, “Chaque pays peut utiliser sa langue pour les compétitions nationales, mais dès que la compétition devient internationale, le français est obligatoire pour l’arbitrage.” L’arbitre dispose en plus d’un code de signe pour s’exprimer.

Les principes du jeu

La règle première c’est de toucher, sur une cible déterminée, en restant dans un espace défini. La rencontre avec un adversaire s’appelle un assaut. “Il faut toucher l’autre plus souvent qu’il ne vous touche pour être déclaré vainqueur”, explique Caroline Mamet. Dans le cas où un seul tireur touche en surface valable, la touche est accordée sans tenir compter des principes de priorités, mais uniquement des règles d’éthique sportive et de sécurité. Dans le cas où les deux tireurs se touchent en même temps c’est l’arbitre qui définit la priorité en fonction des règles de l’arme.

Les armes

L’escrime sportive utilise trois armes différentes : le fleuret, l’épée et le sabre. Cette escrime aux trois armes s’est constituée à la fin du XIXe siècle. Chaque arme a des caractéristiques techniques différentes ainsi que des règles spécifiques. Le fleuret, l’arme la plus légère est “une arme d’estoc” car la touche est mise avec la pointe de l’arme. Sa pratique est régie par des conventions et la surface valable est uniquement le tronc. “C’est une arme qui demande beaucoup de précision”, indique Caroline Mamet. L’épée, la plus lourde, est également une arme d’estoc. Contrairement aux autres armes, elle n’a aucune convention et toute la surface du corps est valable. De ce fait, c’est l’arme du duel, où la stratégie est prépondérante. Enfin, le sabre est l’arme des cavaliers. Une arme de taille dont la touche est valable avec le tranchant et la pointe avec comme surface tout le haut du corps. “Le sabre est une discipline requérant beaucoup d’explosivité” souligne l’escrimeuse. Toutes ces armes sont présentes au niveau olympique. La lame de l’arme adulte est par convention dite lame no 5 et pour les enfants, le poids et la taille de l’arme sont adaptés. Ainsi les poussins et pupilles utilisent une lame no 0 de 77cm tandis que les benjamins combattent avec une lame de taille no 2 de 82 cm.

La piste

Une piste d’escrime mesure 14 mètres de long sur 1,5 à 2 mètres de large. Elle est marquée par des lignes perpendiculaires à divers endroits. Si un tireur sort par l’un des bords latéraux de la piste, l’action est interrompue et les tireurs se remettent en garde en ayant néanmoins fait avancer d’un mètre l’adversaire du tireur qui est sorti alors que si un tireur sort des deux pieds par le bout arrière de la piste, il est considéré comme touché.

Les équipements

Tous les escrimeurs ont en commun certains éléments de protection dans leur équipement. En fonction de l’arme pratiquée quelques différences d’ordre technique peuvent exister. Le matériel se compose d’une cuirasse de protection qui se met sous la veste, après le t-shirt. Comme beaucoup d’équipements de protection à l’escrime, il existe des cuirasses pour gaucher et droitier. Puis, il y a les chaussettes de protection qui sont également obligatoires. Elles sont doublées sur le devant et au talon afin d’atténuer le coups et doivent recouvrir le genou. Outre un pantalon, on retrouve aussi la veste de protection aux trois armes, fleuret, épée et sabre. C’est le deuxième élément de protection après la sous-cuirasse de protection. Et finalement le masque et les gants de protection. Au Club Moka Rangers, Carole Mamet précise “Nos adhérents ont le choix entre s’acheter leurs propres équipements avec nos fournisseurs ou de les louer.”

Quand elle n’enchaine pas les compétitions en France, en Afrique du Sud, et à Maurice, c’est avec l’aide de l’entraineur Kevin Museliah qu’elle consacre son temps à faire découvrir l’escrime. D’ailleurs, elle suit actuellement des cours pour devenir instructrice certifiée. Les cours sont dispensés à Moka le lundi entre 16h45 à 18h pour les enfants de 8 à 11 ans, et de 17h45 à 19h pour les ados et adultes ; le jeudi de 17 à 19h pour les ados/adultes ; et le samedi entre 10h à midi pour les ados/adultes et 11h à midi pour les enfants.