Tout d’abord merci au journal Le Mauricien d’avoir alerté la population sur la façon dont le jardin du Pavillon est traité par la Municipalité de Quatre-Bornes, ainsi que pour la déclaration du maire sur ce projet. Suite à la lettre adressée à la mairie le 2 février avec sur l’accusé de réception “…we acknowledge receipt of your letter…and that it is receiving due consideration”, nous nous permettons de vous répondre. M. Le maire votre déclaration est surprenante à plus d’un titre: N’aurait-il pas été normal :
que les initiateurs de la lettre aient une réponse officielle de la mairie au lieu d’un élément de réponse appris par hasard dans la presse ?
qu’un tel projet soit discuté avec tous les « stakeholders » comme demandé le 2 février ? D’autant plus que, d’après votre même déclaration, la municipalité est sous le coup d’une injonction pour pollution sonore liée à l’utilisation du bâtiment du Pavillon comme salle des fêtes !
que le projet bénéficie d’un panneau informant les habitants de la nature du projet, du nom du commanditaire, celui du contracteur, de l’architecte, du budget alloué à cette construction… etc.…et ce dans le respect de la transparence?
Que ce projet, approuvé par la “précédente administration” et exécuté par l’actuelle, soit à l’avant-plan de vos préoccupations, et non un projet dont vous ne savez que ce que vous disent vos techniciens – quand l’espace vert est déjà en passe de défigurement et que la presse locale et internationale parle de ce qui se passe à Quatre-Bornes ? Surtout que ces mêmes techniciens n’avaient rien eu à redire quant au massacre des buis géants en 2010, et heureusement arrêté à temps par le député d’alors, Xavier-Luc Duval…
Pour faire court, la municipalité de Quatre-Bornes et vous-même M. Le Maire êtes-vous au courant :
qu’en l’absence d’un communiqué officiel et d’un avis d’intention de développement et de construction, la municipalité se trouve de nouveau dans l’illégalité ?
Que sans un plan de construction et d’installation des équipements conformes aux normes, le système d’insonorisation pour lequel vous investissez sûrement une petite fortune, ne ferait pas le poids pour éventuellement faire annuler une injonction ?
Que le coût social de ce projet en termes de nuisance causée par le flot de circulation, le tapage nocturne, les déchets, le manque d’oxygène, les maladies liées à la sédentarité etc… dans ce quartier hautement résidentiel est incommensurable?
Faut-il, pour réaliser un tel projet, sacrifier plusieurs milliers de pieds carrés de pelouse et des dizaines de buis géants datant de la création du jardin il y a 70 ans, dont plusieurs ont été arrachés le 12 février, alors que des alternatives comme la construction en hauteur ou ailleurs étaient envisageables ?
Au début du mois dernier les usagers du Jardin furent choqués de voir des pans entiers du mur taggés de bêtises. Nous tenons à vous préciser que l’ennemi n’est pas le jeune qui n’avait pas d’autre occupation ou façon de s’exprimer. L’ennemi c’est :
– de ne pas avoir d’infrastructures adéquates pour le sport car la trésorerie de la mairie n’est pas en mesure de mettre un filet en état pour les terrains de tennis/volley inutilisables depuis bientôt deux ans ; l’ennemi, c’est aussi l’oisiveté qui, dit-on, est la mère de tous les vices.
– d’omettre de prévoir un budget pour les jeunes et les activités dans un encadrement avec des coachs formés.
– de ne pas avoir un jardin vert pour respirer et pour conserver l’image touristique et l’âme de la ville.
N’est-il pas temps que ce jardin, un fleuron de la Ville des Fleurs, soit maintenu et géré comme un havre de paix, un petit paradis vert où il fait bon se détendre? Ce serait en effet une bonne occasion de montrer que votre parti commence à se détacher de l’amateurisme et de l’hypocrisie qui a caractérisé son mandat et qui s’étale au grand jour aujourd’hui. Ce sera aussi une bonne occasion de juger les élus du jour à travers nos députés et le ministre des Collectivités régionales en cas d’obstination de votre part.
La photo en date de 2010 montre des citoyens replantant des buis pour remplacer ceux qui avaient été alors enlevés. Le pays était à ce moment là dans une période de longue sécheresse et la pluie commença à tomber le jour même. Ce n’était peut-être qu’une coïncidence mais ne dit-on pas que les papillons qui battent leurs ailes en Afrique peuvent déclencher des ouragans en Europe ?
Cordialement.
16 février 2015