La nomination d’une nouvelle ministre à l’Éducation a été l’occasion pour Ledikasyon Pu Travayer (LPT) de renouveler sa demande en faveur de l’utilisation de la langue kreol. Si la langue maternelle est aujourd’hui présente dans les écoles primaires, LPT souhaite cependant son utilisation comme médium d’enseignement. Ce qui favoriserait l’apprentissage et la créativité, fait-on ressortir.
L’entrée en fonction de Leela Devi Dookun-Luchmun comme ministre de l’Éducation est une occasion pour LPT de renouveler sa demande pour l’utilisation du kreol comme médium d’enseignement à l’école. Cette organisation, qui oeuvre pour la promotion de la langue maternelle depuis plus de 30 ans, rappelle que plusieurs études et réalisations ont été enregistrées dans ce domaine ces dix dernières années. L’introduction du kreol comme matière optionnelle dans les écoles primaires est déjà un pas en avant, souligne la lettre, mais « son introduction comme médium est mieux ».
Alain Ah-Vee, le signataire, rappelle qu’en 2009, LPT avait organisé un hearing avec le soutien de l’Union européenne à travers le DCP et la participation de chercheurs internationaux. « Les torts causés par l’utilisation des langues coloniales sur le développement cognitif des enfants ont été démontrés. » LPT rappelle également qu’un sondage de SOFRES réalisé en cette même année avait démontré que seuls 38% de la population étaient contre l’utilisation du kreol comme médium d’enseignement pour les matières scientifiques.  L’organisation précise également à la ministre Dookun-Luchoomun que, dans une récente déclaration à la presse, elle avait laissé entendre que l’école devait être un endroit où l’enfant s’épanouit. Et de préciser que l’utilisation de la langue maternelle s’inscrit dans cette même logique. LPT a également remis le compte rendu du hearing ainsi que les résultats du sondage et d’autres travaux de recherche à la ministre.