MELANIE PÉRÈS

Cher Premier ministre,

Vous qui comprenez mon langage,
Je parle au nom de ceux qui parlent ma langue
Car seule compte ma parole.

Je vous parle au nom de ceux qui comme moi,
Furent conduits par le même Carburant.
Ceux dont les bouches restent cousues,
De peur de perdre leur pain déjà à moitié volé.

Je vous parle au nom de ceux qui comme moi,
Ont trouvé refuge sous le même Bosquet.
Ceux dont les yeux restent boursouflés,
Ayant trop pleuré devant leurs rêves envolés.

Je vous parle au nom de ceux qui comme moi,
Croyaient en un avenir Florissant.
Ceux, dont la réalité réveille, entre deux pongistes
Qui chantonnent le « Pa mwa sa, li sa ».

Je vous parle au nom de ceux qui comme moi,
S’attelaient à démêler les méandres de cette jungle créole.
Et Allez savoir

Je vous parle au nom de ceux qui comme moi,
Entonnaient fièrement « In Peace, Justice and Liberty »
Où trouver cette Peace si on nous pisse

dessus comme dirait un certain paternel ?
Où chercher cette Justice si puant le tis

on voudrait se faire comprendre ?
Et la Liberty jamais présente quand on a besoin d’elle.

Je vous parle au nom de ceux qui comme moi,
Ayant pour seule bible notre diksioner
Et comme certificat de naissance notre diplôme,
Revendiquons notre appartenance à cet État.
Emmenez-moi la Police, elle me défendra.

Je vous parle au nom de ceux qui sont restés sous ce Bosquet.
À ce jour, j’ai trouvé refuge sous la Barbe du Saint Père.
Barricadée derrière les cloisons d’un corps centenaire.

Vous qui comprenez mon langage,
Je parle au nom de ceux qui parlent ma langue
Car seule compte ma parole
Et je vous lègue, en talon, mon créole, mon Achille.