Dans une lettre au Premier ministre, le Parlement Populaire (PP), suite à la séance de débats du 18 avril dernier consacré aux Smart Cities comme proposée dans le Budget 2015-16, demande que ce projet favorise l’inclusion et non la ségrégation sociale. Le Parlement Populaire, qui se rencontre tous les samedis à la Salle Syndika Travayer (CTSP) à Rose-Hill, est une initiative citoyenne ayant comme objectif de permettre des débats et des délibérations sur les projets de loi et les thèmes qui touchent les Mauriciens.
Dans ses recommandations envoyées au Premier ministre sir Anerood Jugnauth, suite à sa séance de débats du 18 avril dernier consacrée aux Smart Cities comme proposées dans le Budget 2015-16, le PP réclame que ces projets de Smart Cities favorisent la socialisation des personnes de toutes les couches de la société : « Non à la ségrégation, adopter un projet plus inclusif ! » Dans ce contexte, le PP exhorte le gouvernement d’introduire un “Indice du Bonheur” (voir encadré) pour mieux jauger le niveau de bien-être de la population, au lieu de se contenter de l’indice restrictif du Produit intérieur brut (PIB) pour évaluer le niveau de vie et le “progrès” de la société mauricienne dans son ensemble.
Le PP précise par ailleurs que les autorités doivent assurer un accès de tous aux Smart Cities et dit non aux “gated communities”. « Ce projet soulève le problème de ségrégation de la société déjà existant, avec les IRS pour gens riches et les NEF pour les “ti dimoun”. Il est impératif de s’assurer que cette logique ne sera pas reproduite dans le projet de Smart Cities », décrit le document remis au PM.
Le gouvernement doit, d’autre part, veiller impérativement à ce que toute la population puisse avoir un accès égal et libre aux facilités, notamment par rapport à l’e-concept et à la connectivité globale, poursuivent les rédacteurs. Le PP met en garde les autorités afin que ces projets de Smart Cities ne soient pas qu’un “repackaging/rebranding” de projets existants (par exemple IRS). « Or, il faut que toute la population puisse bénéficier du concept », précise-t-il.
Le PP propose ainsi le concept de Smart Mauritius. L’initiative engloberait ainsi toutes les couches sociales et permettrait de résoudre les problèmes « d’inégalités grandissantes ». Et d’insister : « Il faut que le concept soit bénéfique à la société dans son ensemble et que ce soit un bénéfice pour l’économie mauricienne à long terme. »
Selon le PP, le concept Smart Mauritius devrait englober le développement durable dans un sens large à travers une planification « judicieuse et éclairée » du territoire, une politique foncière transparente, la sécurité publique, la bonne gouvernance, la justice sociale et la mise en oeuvre du concept de « travail décent », comme préconisé par l’Organisation internationale du travail. Cette notion de Smart Mauritius devrait avoir pour motto « Put Mauritians First ».
« La préférence doit être donnée à l’emploi des compétences mauriciennes et à l’utilisation des expertises mauriciennes. Il faut donner aux Mauriciens leur juste importance et revaloriser leur contribution (par rapport aux embauches et expertises étrangères). Le tout en respectant une règle de “travail égal, salaire égal” entre Mauriciens et étrangers », exige-t-on.
Rappelons que le Parlement Populaire est une initiative citoyenne ayant pour objectif de permettre des débats et des délibérations sur les projets de loi (Bills) présentés à l’Assemblée nationale et les thèmes qui touchent les Mauriciens. « Espace démocratique ouvert à tous », le PP se veut être une force de proposition en matière de législations. Ses propositions, après délibérations, sont transmises à la presse et à l’Assemblée. La prochaine séance du PP se tient aujourd’hui, samedi 9 mai, de 10h à 13h à la Salle Syndika Travayer, Elias Street (derrière le marché), à Rose-Hill. Elle sera consacrée au dossier de l’autosuffisance alimentaire.