(Photo d'illustration)

Le pape François vient de prendre le 17 décembre une décision historique, soit celle de lever le secret pontifical dans les cas de violences sexuelles et d’abus sur mineurs commis par des membres du clergé.

Qu’est-ce que le secret pontifical ?
Le secret pontifical concerne des informations qualifiées de sensible par l’autorité ecclésiastique. C’est en 1974 qu’apparaît le secret pontifical. Il concernait surtout, à l’époque, les communications diplomatiques entre les nonciatures et le Saint-Siège mais aussi les dossiers privés et les recommandations sur les prêtres et les évêques.
Avec la décision du pape François de lever le secret pontifical dans les cas d’abus sexuels sur mineurs commis par le clergé, une étape importante est franchie. Quand dans le dossier d’un membre du clergé, il est fait mention d’atteinte à la dignité de la personne, le pape a décidé que le secret pontifical pouvait être levé. Il ne faut pas confondre le secret pontifical avec le secret de la confession.

Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?
Concrètement, cela veut dire que des plaintes, des témoignages et tout autre document qui se trouve dans les Archives du Vatican ou celles d’un diocèse pourront être consignés aux autorités civiles qui en font la demande. Cela ne veut pas dire pour autant que ces documents doivent devenir du domaine public ou qu’ils sont destinés à la divulgation, car la confidentialité pour les victimes et les témoins doit toujours être protégée.
Le pape a non seulement décidé de la levée du secret pontifical, mais il a aussi décidé que l’acquisition, la détention ou la divulgation, à des fins sexuelles, d’images pornographiques de mineurs de moins de 18 ans par un membre du clergé relèveraient désormais de la catégorie des délits les plus graves.

Quelle est la portée de cette levée ?
Cette décision signifie que des éléments qui figurent dans le dossier d’un clerc (diacre, prêtre, évêque, cardinal) et qui étaient protégés par le secret pontifical peuvent maintenant être dévoilés.
De quels éléments parle-t-on ? Il s’agit notamment d’informations détenues par l’autorité religieuse à propos d’ecclésiastiques concernant l’acquisition, la détention voire la divulgation d’images et de textes pornographiques de jeunes gens de moins de 18 ans, obtenus par le biais de la presse ou par des moyens électroniques. Si ce type d’information figure dans le dossier de la personne et si, plus gravement, on sait qu’elle a commis des délits, dans ce cas-là, le secret pontifical pourra être levé.

Un geste envers les victimes. Un geste envers la vérité…
La levée du secret pontifical était demandée par les victimes et leurs familles. Ce geste est un geste fort du pape qui entend rejoindre les victimes et leurs proches dans leurs demandes. Mais c’est aussi un geste envers tous, envers tout le monde. L’Église réaffirme sa volonté de faire triompher la vérité. C’est aussi la garantie d’un procès équitable. On parle de victimes, On parle de coupables. Il est clair, cependant, que ce geste s’adresse évidemment aux victimes et veut leur signifier que l’Église poursuit bien ce qu’est la vérité.