Les craintes largement entretenues d’éventuels débordements, mardi et mercredi derniers lors des délibérations du procès en appel de Pravind Jugnauth devant la Cour d’appel de la Cour suprême de sa condamnation dans l’affaire MedPoint, se sont avérées infondées. Heureusement pour la sérénité et l’intégrité de la justice et pour la démocratie dans notre pays.
On pouvait effectivement appréhender le pire après le grand Capharnaüm qui avait prévalu en juin de l’année dernière lorsque la Cour intermédiaire avait reconnu le jeune leader du MSM coupable de conflit d’intérêt et lui avait infligé douze mois d’emprisonnement commués ensuite en services communautaires obligatoires. La Cour intermédiaire et ses environs avaient été envahis par des centaines de partisans du parti au pouvoir que les forces de l’ordre eurent du mal à contenir.
En prévisions des audiences du procès, cette semaine, on avait noté des velléités de mobilisation de la part des partisans et aussi de certains dirigeants du parti orange. Mais devant les mesures strictes prises par la police et la Special Supporting Unit sous les directives du Master and Registrar Nicolas Oshan-Bellepeau, le bons sens de la direction du parti politique a prévalu et tout s’est finalement déroulé dans l’ordre le plus complet.
Pas une seule place debout, aucun signe partisan ostentatoire dans la chambre n°1 de la Cour d’appel, le chef huissier Hassen et son collègue M. Motaleb aidés du caporal Michaël Lajolie ont été intransigeants. Ils n’ont pas hésité à refouler ministres et députés. À peine trois membres du gouvernement, tous MSM, ont assisté à la séance de mardi, Roshi Bhadain, Dharamveer Roopun et Leela-Devi Dookun apportant un soutien moral très discret à l’appelant Pravind Jugnauth.
Ce dernier s’est assis à l’extrémité de la troisième rangée de sièges et a écouté son avocate britannique, Me Clare Montgoméry Q.C, dans un duel passionnant avec Me. Rashide Ahmine, n°2 du Bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) et représentant des intérêts de l’État. Quel qu’en soit le verdict, d’ores et déjà, Me. Ahmine s’est révélé un adversaire coriace pour sa collègue britannique.
Le chef juge Keshoe Parsad Matadeen et le juge Asraf Caunhye ont réservé leur jugement, et nul doute que le verdict prendra du temps. Quoi qu’il en soit, Pravind Jugnauth est rassuré, il ne fera passera pas une seconde en prison puisque Me. Denis Mootoo, au nom du Bureau du DPP, a requis que sa peine de services communautaires soit reconduite dans le cas où il est débouté. Mais le leader du MSM a également bien l’intention de recourir au Conseil Privée de la reine en cas d’un nouveau désaveu.