Alors que fruits et légumes sont devenus rares et ont vu leur prix prendre l’ascenseur, en raison des grosses pluies de ces dernières semaines, le manager du Mouvement Autosuffisance Alimentaire (MAA), Eric Mangar, estime que « l’heure est désormais à l’agriculture familiale ». Selon lui, « c’est une difficulté que nous devons transformer en opportunité afin de pouvoir assurer ne serait-ce qu’une partie de notre sécurité alimentaire à la maison ».

Eric Mangar encourage ainsi les Mauriciens à saisir l’occasion et à se lancer dans la culture de quelques légumes dans des bacs et autres vieux conteneurs dans leurs cours. « Malgré les grosses pluies, on n’aura pas trop de problème avec la culture dans les bacs. On peut cultiver des laitues, des poivrons, des voëmes, du thym et du céleri facilement dans des bacs. Les semences de ces légumes sont même disponibles dans les supermarchés et à la station agricole de Barkly», indique-t-il, avant d’ajouter que cultiver dans des bacs ne comporte aucun problème, « ni d’érosion, ni d’insectes ». Selon lui, on peut ainsi assurer en partie notre sécurité alimentaire chez soi. « Je le fais personnellement à la maison, où je cultive des poivrons, des laitues et des petits piments. Pourtant, la pluie tombe tous les jours. En cas de grosses pluies cependant, on doit utiliser de la paille pour couvrir les bacs, et ce dans le but d’amortir le choc des pluies. Nous pouvons aussi produire notre propre compost à la maison. Le compost retient de l’eau mais la plante n’est pas noyée en cas de grosses pluies. Il faut savoir que le manque de fumier ou de compost dans les plantations provoque l’érosion », souligne notre interlocuteur.

Pour Eric Mangar, il s’agit d’une « occasion en or » pour les Mauriciens de commencer à recycler leurs vieux conteneurs avant de les remplir de terre et de commencer à planter. Ce qui constitue aussi, ajoute-t-il, « un excellent hobby », et ce tout en favorisant « une bonne santé » en termes d’alimentation saine. « Beaucoup de Mauriciens ne consomment pas assez de légumes et souffrent d’une carence en fibres dans leurs intestins, ce qui favorise la constipation et, même, le cancer du côlon. » S’agissant de la pomme d’amour, dont le prix a grimpé à plus de Rs 150 le demi-kilo au marché, le manager du MAA encourage les Mauriciens à « toujours profiter de la baisse du prix » de ce produit pour en transformer une bonne quantité avant de les mettre au frigo. « Il faut prévoir et transformer ce produit avant l’arrivée de la période cyclonique ou des grosses pluies. » Poursuivant, il estime qu’en cette période de « mini food crisis », la production de quelques légumes chez soi doit interpeller toute la population afin de ne pas trop dépendre de l’importation. « L’agriculture familiale devient de plus en plus importante dans notre vie. Nu bizin kumans prodwir nu prop manze lakaz », soutient Eric Mangar.