Gaston Birjomohan est cloué dans un lit d’hôpital depuis plus d’un an, souffrant d’une maladie de la peau et paralysé après avoir contracté une infection pulmonaire. De plus, il ne reçoit plus de pension depuis juillet de cette année. Gaston Birjomohan, âgé de 60 ans, en appelle aux autorités concernées.
Gaston Birjomohan a soufflé ses soixante bougies en juillet dernier. Mais le vieil homme ne le réalise même pas. Paralysé et souffrant de problèmes psychiatriques et dermatologiques, il vit dans son propre monde, cloîtré au sein des quatre murs de l’Hôpital Victoria, à Candos. Lors de la journée mondiale de la Santé mentale, son frère Gaëtan Birjomohan, 67 ans, lance un appel au ministère de la Santé et au gouvernement.  
« Mon frère est cloué dans ce lit d’hôpital depuis plus d’un an. Je suis moi-même un sans domicile fixe (SDF) et je n’ai pas un toit sous lequel je peux héberger mon frère. De plus, bien qu’il ait atteint ses soixante ans, il ne bénéficie pas de pension de vieillesse, ni de pension d’invalidité. S’il a besoin de quoi que ce soit, je dois puiser de ma pension pour lui venir en aide », explique Gaëtan.
Ce dernier revient sur les faits qui ont bouleversé la vie de Gaston. « Mon frère est tombé dans l’enfer de l’alcool à son jeune âge. Il était devenu violent et agressif. Donc, ma mère l’a fait admettre à l’hôpital psychiatrique Brown Séquard. Alors qu’il devait recevoir des traitements pour redevenir une personne normale, sa santé mentale a été doublement affectée », relate Gaëtan, issu d’une fratrie de 11 enfants.
A sa sortie d’hôpital, Gaston n’avait nulle part où aller. Il a alors été admis dans une maison d’accueil à Quatre-Bornes. « Là, il est tombé malade et a été admis d’urgence à l’hôpital Victoria. J’ai pu comprendre, de la directrice de la maison d’accueil, que mon frère souffrait d’une infection pulmonaire. En lui rendant visite à l’hôpital, le médecin m’a informé que Gaston est devenu paralysé », regrette le SDF.
Plusieurs complications médicales s’ensuivent, notamment des maladies de peau. Gaëtan souligne qu’il doit depuis payer une personne pour laver les vêtements de Gaston. « Les dépenses augmentent et nous ne dépendons que de ma pension de vieillesse. Bientôt, Gaston sortira de l’hôpital et je ne sais où l’emmener et l’héberger », avance l’aîné de Gaston.
Muni d’une pancarte affichant la photo de Gaston et deux poèmes rédigés par Gaëtan, ce dernier rôde dans les rues de la capitale dans l’espoir que quelqu’un le remarque. « Le gouvernement parle de l’éradication de la pauvreté. Est-ce de cette manière qu’il pourra éradiquer la pauvreté, en privant des retraités malades de leur pension? Je lance un appel au gouvernement et au ministère de la Santé ainsi qu’au ministère de la Sécurité sociale de prendre en considération le cas de mon frère. Je rôde dans tous les endroits en quête de justice. À la tombée de la nuit, je dors sous les étoiles. Et le lendemain, je recommence ma lutte », affirme Gaëtan.
Ce frère désespéré menace même d’entamer une grève de la faim si les autorités continuent à faire la sourde oreille. « Ce sera ma dernière tentative pour venir en aide à mon frère, au détriment de ma santé », dit-il.