C’est la consternation parmi le personnel de l’hôpital de Mahébourg après l’agression d’un médecin par un policier dans la journée de vendredi. Selon les recoupements d’informations effectués par Week-End, c’est en cherchant l’aide du policier que ce dernier lui a proféré des menaces et a tenté de le menotter. Une déposition a été consignée au poste de police de Mahébourg et le syndicat des médecins généralistes compte envoyer une lettre au Commissaire de police pour réclamer des sanctions contre cet officier de l’ordre.
Affaire surprenante, vendredi, aux urgences de l’hôpital de Mahébourg, où un policier qui accompagnait un détenu aurait agressé le médecin qui cherchait de l’aide auprès de lui. L’incident s’est déroulé aux alentours de 12h30. Selon nos informations, alors qu’il examinait un détenu, le médecin de service à cette heure de la journée a demandé l’aide du policier pour qu’il puisse examiner le patient correctement. « Le patient se plaignait des douleurs sur le corps. Il fallait lui enlever ses vêtements car ses mains étaient menottées et qu’il ne pouvait le faire lui-même », explique une source médicale.
Or, lorsque le médecin a appelé le policier qui accompagnait le détenu et qui se tenait en dehors de la salle de consultation pour lui demander un coup de main et d’enlever les menottes du patient, afin qu’il puisse l’examiner, le policier aurait catégoriquement refusé. Le policier aurait, selon notre source, commencé à insulter le médecin et à lui proférer des menaces selon lesquelles il fallait le menotter lui aussi. Joignant le geste à la parole, il aurait brutalement tordu le bras du médecin, tentant de lui passer des menottes. La salle de consultation étant étroite, le médecin n’a pu s’échapper, restant sous l’emprise de son agresseur. Il aurait alors appelé à l’aide. C’est en entendant ses cris que deux infirmiers ont accouru pour lui porter secours. Toutefois, le policier aurait continué à insulter le médecin. D’autres policiers postés dans l’enceinte des urgences sont alors intervenus pour calmer l’officier de police.
Le médecin a été sérieusement blessé au bras. Une délégation de médecins, comprenant le Regional Health Director de l’hôpital Nehru qui gère l’hôpital de Mahébourg, s’est ensuite rendue au poste de police de Mahébourg pour consigner une déposition.
Cet incident à choqué plus d’un non seulement à l’hôpital de Mahébourg, mais aussi auprès de différents médecins. Il ne s’agit pas de la première agression sur un médecin dans cet hôpital. Récemment, un policier en civil, sous influence d’alcool, avait tenté d’agresser un autre médecin. Déplorant cette situation « inadmissible », la Medical Health Officers Association (MHOA), réunie vendredi soir pour décider de la marche à suivre, réclame des sanctions sévères à l’encontre de ce policier. « Un policier est censé assurer la sécurité du personnel et du public, non seulement dans les hôpitaux mais partout. C’est révoltant de voir des responsables de l’ordre transgresser eux-mêmes la loi », dit Wasseem Ballam, président de la MHOA. Le syndicat compte, dès demain, envoyer une lettre au Commissaire de police afin que ce policier soit sanctionné. La MHOA souhaite également que la sécurité soit renforcée dans les centres de santé. 
Le ministère de la Santé a immédiatement été mis au courant de cette agression. Wasseem Ballam indique que le syndicat enverra une lettre à la Santé, lundi, pour exprimer son exaspération et ses inquiétudes à la suite de l’incident à l’hôpital de Mahébourg. Il compte faire part au ministère de ses propositions relatives à la sécurité des médecins dans l’exercice de leurs fonctions et abordera, par là-même, le sujet des contrats alloués aux agences de sécurité privées.