Le secteur minier ainsi que d’autres concernant les ressources naturelles ont une importance capitale pour le développement économique en Afrique. L’avenir s’annonce brillant pour l’exploitation minière sur le continent. C’est ce qu’a souligné hier matin le ministre du Commerce et de l’Industrie Cader Sayed-Hossen lors de l’ouverture, à l’hôtel Intercontinental, de la conférence “Mines and Money Access Africa”, à laquelle participent quelque 150 délégués étrangers et mauriciens, dont des représentants de plusieurs sociétés d’investissement chinois. Cader Sayed-Hossen a plaidé en faveur du secteur financier mauricien comme plateforme appropriée pour structurer les investissements dans le secteur minier africain.
Le ministre du Commerce et de l’Industrie a affirmé que les ressources minières sont dans une grande mesure à la base des relations entre l’Afrique du Sud et le reste du monde. Le continent dispose de plus de 30% des réserves minières globales. Cependant, on relève que moins de 5% de l’exploration minière au plan global et du budget consacré à l’exploitation sont canalisés vers l’Afrique. Cader Sayed-Hossen, chiffres à l’appui, a démontré que l’Afrique dispose d’importantes réserves d’or, de diamants, de platine et de cobalt, entre autres. « The potential for a burgeoning mining industry in the continent is therefore immense », a-t-il fait ressortir. Il convient toutefois de veiller à ce que l’exploitation de ce secteur contribue à une croissance généralisée et au développement socio-économique du continent.
« Maurice est fier de faire partie du continent africain et d’être associé à la stratégie d’attirer des investissements de qualité en Afrique », a poursuivi Cader Sayed-Hossen. Ce dernier s’est appesanti sur les liens culturels, d’affaires et politiques établis par Maurice avec l’Afrique, ajoutant que le pays se positionne aujourd’hui en tant que plateforme attrayante, sécurisante et compétitive pour faciliter des investissements transfrontaliers. « Mauritius is here to partner with international investors and drive quality investments across mainland Africa, thus playing a catalytic role in the continent’s development », a indiqué le ministre du Commerce et de l’Industrie. Selon ce dernier, les investissements directs étrangers dans des projets africains ont augmenté ces dernières années, passant de USD 1,5 milliard en 1990 à plus de USD 20 milliards en 2010 avant de dépasser les USD 40 milliards en 2013.  
Cader Sayed-Hossen a mis l’accent sur les qualités du centre financier mauricien qui, a-t-il précisé, a fait ses preuves et qui suscitent la confiance des investisseurs. Il a annoncé que l’année dernière, plus de 50% des sociétés ou fonds structurés à Maurice visaient le continent africain. « Nous sommes en mesure d’offrir à la communauté des sociétés minières à travers le monde un centre financier bien réglementé et d’expérience pour tout ce qui est lié à l’investissement et les services associés à l’exploration et l’exploitation minière. » Cader Sayed-Hossen a également parlé des accords de promotion et de protection de l’investissement signés avec environ une vingtaine de pays africains ainsi que de l’appartenance de Maurice aux blocs du Comesa et de la SADC, qui ouvrent la voie à un marché de plus de 600 millions de personnes.
La facilitation des affaires, les infrastructures modernes, la disponibilité d’une main-d’oeuvre qualifiée et les possibilités de cotation de sociétés minières junior à la Bourse de Maurice ont également été évoquées par le ministre. « Our urge therefore to you today is to consider the use of Mauritius as your doing business, financial and investment centre when exploring opportunities in Africa and the region », a ajouté Cader Sayed-Hossen.
Ken Poonoosamy, directeur général du Board of Investment (BOI), co-organisateur de la conférence avec “Mines and Money”, a fait un survol des principaux aspects de la “Mauritius Africa Strategy” et des caractéristiques de l’économie mauricienne et de son centre financier, avec quelque 930 fonds enregistrés, et dont les actifs s’élèvent à USD 70 milliards. « Maurice se positionne en tant que pont entre l’Asie et l’Afrique. Ces dernières années, il y a eu beaucoup d’intérêt démontré pour le continent africain par les sociétés qui s’implantent dans le secteur du “global business” », a-t-il dit.
Ken Poonoosamy a mis l’accent sur la stabilité politique et la prévalence de l’état de droit. Il a également fait mention des produits d’investissement innovateurs introduits à Maurice, ainsi que du cadre institutionnel et des structures mis en place pour faciliter les investissements, non seulement sur le plan domestique mais aussi en direction de l’Afrique. « We want to have a win-win partnership with Africa », a-t-il déclaré.
La conférence “Mines and Money” prend fin aujourd’hui. Elle sera marquée par différentes sessions consacrées, entre autres, aux opportunités d’investissements dans les ressources minières africaines, aux potentiels de différents pays africains, aux possibilités offertes par Maurice pour lever des capitaux destinés au secteur minier africain, à la gestion des risques liés à l’investissement en Afrique et à l’évolution de la demande globale de matières premières.