PADMA UTCHANAH

Porte-parole du Ralliement

Citoyen pour la Patrie

Fait choquant, voire même improbable dans un pays démocratique ! Le premier mai, lors d’un meeting, un des membres du Ptr a sommé haut et fort les journalistes de la Mauritius Broadcasting Corporation de quitter les lieux. Le sort des journalistes aurait pu prendre ce jour-là une tournure dramatique devant cette foule déjà en effervescence. Une chance pour les dirigeants travaillistes que le pire ne s’est pas produit !

La liberté de la presse mérite, vu que c’est un principe constitutionnel, d’être respectée même à l’encontre d’un organe propagandiste, fût-il public. Et rappelons que la MBC d’hier est celle d’aujourd’hui !

Nous pouvons constater avec effroi qu’une certaine presse (écrite et audiovisuelle) a été instrumentalisée pendant des années par des politiciens de tout bord. Le service public est l’organe qui pâtit le plus de cet accaparement monarchique absolu. Nos tribuns de divers courants politiques considèrent le service public comme de la pâte à modeler et s’amusent à façonner la presse au gré de leurs humeurs. Il ne faut pas oublier que ce sont avant tout des journalistes, des employés du service public qui sont pris en étau entre la liberté de la presse et les lubies despotiques de nos politiciens.    

Il est fondamental de marteler sans cesse que la Mauritius Broadcasting Corporation est un service public, c’est-à-dire être « au service du public » et non être « au service des politiciens ». Il est essentiel de rappeler que cet organe de presse est payé des deniers des contribuables. Un pays qui donne à la presse une indépendance totale et une liberté de critiquer, est un pays sain. Visiblement, il faut croire que nous en sommes arrivés bien loin dans notre République !

Sommes-nous vraiment dans un pays démocratique ?

Sommes-nous réellement dans une République ?

La liberté de la presse a-t-elle un sens dans notre pays ?

Le combat contre la censure s’inscrit dans les lois de la liberté de la presse. La mégalomanie peut conduire un pays à la dérive. Prenons garde de ne pas terminer un jour comme en Russie ou de ressembler d’une façon plus caricaturale à la télévision nord-coréenne !

La liberté de la presse est l’un des principes fondamentaux dans un pays démocratique. Nos journalistes agissent comme un pont entre le peuple et l’État; entre les citoyens et les politiciens et en sabotant le pont, en fragilisant cette passerelle de la transmission au droit à l’information, nous basculerons inexorablement dans un pays anti-démocratique.