Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, l’Union syndicale des employés de presse (USEP), le parti Lalit et le Centre Idriss Goomany organisent le mercredi 9 mai, à 17 h au centre Ledikasyon Pu Travayer, à GRNO, une première mauricienne du film du journaliste australien John Pilger, « The War You Don’t See ». Ce film traite des dangers et des défis auxquels les journalistes sont confrontés au quotidien.
Alain Ah-Vee de Lalit rappelle que John Pilger n’est pas un inconnu des Mauriciens : il est le réalisateur du film « Stealing a Nation », sur l’impact de la machinerie de guerre américano-britannique sur la vie de milliers de Chagossiens.
« Le film “The War You Don’t See” est une critique acerbe, par un journaliste, du rôle des journalistes et de leurs patrons qui sont littéralement amenés à agir comme de véritables agents de la propagande gouvernementale pour ces guerres injustes d’aujourd’hui, tandis que d’autres journalistes et photographes de presse sont en première ligne, confrontés à des dangers inimaginables et même la mort, au nom de la liberté de la presse », explique Alain Ah-Vee, citant la critique du film.
Ce film a été interdit au États-Unis, poursuit notre interlocuteur, quand ceux qui le lançaient ont annulé sa grande première et toutes les apparitions publiques de John Pilger. Le film dénonce le propagandisme de la presse dans sa globalité, télévisée et radiophonique notamment, lors de l’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak. John Pilger a interviewé des journalistes de haut niveau et des patrons de presse au sujet de leur refus de donner l’antenne aux inspecteurs d’armes et aux analystes militaires des services de renseignements qui publiquement contestaient les raisons des invasions militaires.
À travers des interviews, John Pilger dénonce, entre autres, les preuves fabriquées, comme celle concernant des armes de destruction massive de Saddam Hussein, ou les mensonges entourant l’attaque du 9/11, qui ont été utilisés pour convaincre les élus américains et britanniques d’accepter une attaque illégale sur une nation sans défense.
« The War You Don’t See » comprend également un court historique de la propagande de guerre de la “vente”, par le gouvernement américain, à “l’ennemi” (c’est-à-dire à l’opinion publique américaine) de la justification pour la Première Guerre Mondiale à “l’infiltration” aujourd’hui de journalistes en Afghanistan et en Irak. Il dénonce aussi le meurtre en Palestine de dix journalistes indépendants par la Israël Defense Force (IDF).
Le film, dont la projection est privée, dure une heure et demie et sera suivi d’un court débat.