Le président de la Fédération des travailleurs unis, dans une lettre au Comité de la liberté syndicale du Bureau international du travail, a porté plainte contre le gouvernement mauricien pour violation des Conventions N° 87 (sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical) et N°98 (sur le droit d’organisation et de négociation collective), au sujet des relations patronat-employés tendues au Blue Lagoon Beach Hotel de Blue-Bay.
« Devant le Comité de la liberté syndicale du Bureau international du travail (BIT), l’on est tenu de porter plainte contre le gouvernement qui est le garant, devant l’Organisation Internationale du Travail (OIT) de la liberté et du droit syndical », a expliqué au Mauricien le président de la Fédération des Travailleurs Unis (FTU), Atma Shanto.
Le BIT est le secrétariat permanent de l’OIT. Le Comité de la Liberté syndicale a été créé par le Conseil d’administration du BIT en 1951. Il a pour vocation d’examiner de manière préliminaire les plaintes en matière de liberté syndicale et les observations des gouvernements concernés en vue d’un éventuel renvoi de l’affaire à la Commission d’investigation et conciliation en matière de liberté syndicale, organe intégré par des personnalités indépendantes et institué en 1950 à la suite d’un accord entre le Conseil d’administration du BIT et le Conseil économique et social des Nations Unies.
Dans sa plainte au Comité de la Liberté syndicale, Atma Shanto indique que le Blue Lagoon Beach Hotel, situé à Blue-Bay, appartient à une famille très connue de Maurice. Il ajoute que l’Organisation of Hotel, Private Club & Catering Workers Unity, affiliée à la FTU, est légalement reconnue par cette compagnie familiale depuis 1999.
Le président de la FTU affirme en outre que les relations industrielles ont commencé à se détériorer dans cet établissement hôtelier en raison « des décisions unilatérales » du nouveau directeur général nommé l’année dernière. Il cite alors une demi-douzaine de cas où la liberté syndicale et le droit syndical auraient été violés par la nouvelle administration. « La compagnie a unilatéralement interdit toute réunion syndicale chez elle, réunions qui avaient habituellement lieu, durant l’interruption de 15 h dans la salle à manger des employés. » Le syndicaliste a également évoqué l’interdiction patronale faite aux représentants syndicaux des employés de l’hôtel de communiquer avec la FTU.
« La FTU a des raisons de penser que les faits et gestes de Blue Lagoon Beach Hotel sont une violation claire et nette des Conventions N° 87 (sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical) et N°98 (sur le droit d’organisation et de négociation collective) de l’OIT. Nous n’avons par conséquent d’autre choix que de référer cette affaire au Comité de la Liberté syndicale du BIT et le Comité d’experts pour l’application des Conventions et Recommandations », conclut Atma Shanto.