Une délégation mauricienne participe actuellement, au Caire, en Égypte, à la cinquième réunion du forum tripartite de négociations commerciales regroupant les pays membres du COMESA (Common Market for Eastern and Southern Africa), de la SADC (Southern African development Community) et de l’EAC (Eastern African Community). Ces négociations doivent déboucher sur la mise en place d’une zone de libre échange réunissant les 26 pays constituant ces trois blocs régionaux.
Constituée d’Assad Bhuglah, directeur de l’International Trade Division au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, de Maheswar Gaunpot, chef de service au Département des Douanes, et de Mahmood Cheeroo, secrétaire général de la MCCI, la délégation mauricienne fait partie des groupes d’experts en matière commerciale des États membres des trois groupements qui se sont fixés pour objectif de créer un marché élargi s’étendant de Cape Town au Caire et facilitant le libre mouvement des marchandises. Cette zone de libre échange, selon la feuille de route établie par les dirigeants des trois instances régionales, doit être lancée en 2014.
Les pays représentés au sein du COMESA, de la SADC et de l’EAC sont : Afrique du Sud, Angola, Botswana, Burundi, Comores, République Démocratique du Congo, Djibouti, Égypte, Erithrée, Éthiopie, Kenya, Lesotho, Libye, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Ouganda, Rwanda, Seychelles, Soudan, Swaziland, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe. La population totale de l’ensemble de ces pays s’élève à environ 595 millions d’habitants. Le produit intérieur brut total se chiffre à plus de 1 700 milliards de dollars. En 2009, les pays des trois blocs constituaient environ 58 % de la population du continent africain et 59 % du PIB global. Les 26 pays concernés représentaient, par ailleurs, 49 % de la totalité des membres de l’Union africaine.
Les observateurs soutiennent que la zone tripartite de libre échange est en train d’être construite sur la base de progrès significatifs réalisés par chacun des trois blocs en matière de libéralisation commerciale. Au Caire, les experts devront oeuvrer pour arriver à un accord sur les modalités des prochaines négociations tarifaires.
Dans un document préparé par le secrétariat de l’instance tripartite, il a été décidé qu’il y aurait trois groupes de pays pour les besoins des négociations sur la libéralisation tarifaire. Les pays qui sont parties prenantes de plus d’un accord de libre échange (COMESA et SADC) au niveau de leurs zones respectives – le groupe inclut Madagascar, Maurice, le Malawi, la Zambie et le Zimbabwe – seront appelés à négocier avec seulement quatre pays, à savoir l’Angola, la République Démocratique du Congo, l’Erithrée et l’Éthiopie. Ces derniers pays, faut-il le rappeler, ne participent à aucun accord de libre échange que ce soit au niveau de la SADC ou du COMESA.
Le deuxième groupe de pays est constitué des pays participant à un accord de libre échange et qui auront à négocier une libéralisation tarifaire avec des pays membres des autres blocs commerciaux régionaux. Ce groupe comprend les Comores, Djibouti, l’Égypte, la Libye, le Mozambique, les Seychelles, le Soudan, l’EAC et la Southern African Customs Union. Quant au dernier groupe, il comprend les pays qui ne sont pas parties prenantes d’un quelconque accord de libre échange : l’Angola, la RD Congo, l’Erithrée et l’Éthiopie. Ceux-ci seront tenus à négocier avec tous les autres pays membres des blocs commerciaux.
Les experts en matière de négociations commerciales soutiennent que l’un des points cruciaux des négociations concernera les règles d’origine. Les délégués veulent savoir si les règles d’origine seront basées sur des critères généraux (across the board) ou seront appliquées en fonction de critères spécifiques pour chaque produit. Des participants aux négociations estiment que les négociations pourraient se révéler difficiles si cette seconde option est retenue.
Notons que la cinquième réunion du forum tripartite prendra fin demain.