Rehana Ameer, la syndicaliste licenciée de la MBC, a confirmé, hier, sa ferme intention d’entamer une grève de la faim en vue d’être rétablie dans son bon droit et sa détermination, si besoin, de « donner sa vie » et « d’aller jusqu’au bout ». C’était lors d’une réunion du Front Anti-Répression (FAR) à Rose-Hill, où elle était notamment présente pour le lancement officiel de l’Observatoire de la Démocratie. À cette occasion, l’Observatoire a publié un premier document retraçant le cas de cette syndicaliste dont le licenciement, selon le FAR, a été largement facilité par les dispositions des nouvelles lois régissant le Travail.
Dans son intervention, Mme Ameer rappelle avoir été suspendue de son poste à la MBC en août de l’année dernière pour être, finalement, licenciée en décembre. Elle indique avoir, dans une lettre en date du 9 décembre 2010 « supplié », en vain, le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam d’intervenir en sa faveur. Selon la syndicaliste, alors que, de son côté, le ministre du Travail, Shakeel Mohamed donnait, lui, au départ, le sentiment d’être « bien déterminé » à l’aider, il devait, par la suite, l’abandonner, lui aussi, à son sort.
Évoquant ce qu’elle déclare être le « recrutement sauvage de petits copains » et autre « cinéma inacceptable » à la MBC, Rehana Ameer ne s’explique pas pourquoi, selon elle, l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) ne s’est pas décidée, jusqu’ici, à enquêter sur la base des dénonciations qui ont été faites auprès de la Commission par le syndicaliste Jack Bizlall. Elle affirme, en sus, qu’un rapport « damning » contre la direction de la corporation « dort » encore dans un tirroir du ministre Mohamed.
Mme Ameer réitère qu’il est plus que temps de « mettre un frein à Calikan ». Même si, dit-elle, la vie se révèle difficile pour elle depuis sa suspension et son licenciement, la syndicaliste assure être « moralement prête » à entamer une grève de la faim en vue d’être rétablie dans son bon droit. Elle se dit, à cet effet, déterminée à « donner ma vie » et à « aller jusqu’au bout », s’il le faut.
Expliquant, pour sa part, l’utilité de la mise sur pied par le Front Anti-Répression (FAR) de l’Observatoire de la Démocratie, Jack Bizlall trouve qu’il convient de redéfinir ce concept par rapport aux libertés individuelles et collectives. Cet Observatoire, explique-t-il, s’attelera ainsi à identifier les atteintes à ces deux catégories de libertés et à suggérer ce qu’il convient d’entreprendre.
Il laisse comprendre que le champ d’intervention de l’Observatoire de la Démocratie sera très vaste et que cette instance se sentira concernée par des sujets aussi variés que l’éventuel renvoi des élections régionales à Rodrigues au terme du mandat de l’actuelle Assemblée régionale en décembre ou les affaires MBC, MCB//NPF, Air Mauritius, MedPoint, STC, etc.
« Il est temps, déclare le syndicaliste, de ne plus se contenter de parler en l’air et d’oeuvrer concrètement en vue de règler les problèmes de libertés et de droits ». Après le premier document publié, hier, par l’Observatoire et consacré au cas Rehana Ameer, Jack Bizlall annonce pour d’ici à trois semaines, la publication d’un deuxième document, cette fois, consacré aux deux nouvelles lois du Travail, l’Employment Rights Act et l’Employment Relations Act.
Lors de cette réunion présidée par la syndicaliste Jane Ragoo, Me Dev Ramano, avocat de Mme Ameer, et Me Prakash Ruchpaul, avocat qui défend les intérêts d’une salariée de la State Bank of Mauritius (SBM), Mme Bawantee Devi Rampadaruth, elle aussi licenciée, ont fait le procès des deux nouvelles lois du Travail qui, disent-ils, en substance, permettent tous les abus en matière de licenciements d’employés. Le syndicaliste Deepak Benydin est aussi intervenu.