Lysie Ribot, présidente de la Commission des Femmes du MMM, et Françoise Labelle, députée du même parti, ont commenté les affaires MITD, Namasté et APEIM lors d’une conférence de presse hier matin à la municipalité de Port-Louis. Elles s’interrogent sur « l’indifférence » des ministres Mireille Martin (Égalité des genres) et Shakeel Mohamed (Travail) à cet égard.
Suite à sa déposition sur le cas d’abus sexuel par un de ses collègues sur une étudiante devant le Fact Finding Committee (FFC), une enseignante a reçu une lettre l’informant du « termination of contract with immediate effect ». Cette femme, une enseignante et mère de famille, se retrouve sans emploi du jour au lendemain, après six ans au MITD, juste parce qu’elle est allée devant le FFC rapporter ce cas, s’indigne Lysie Ribot. « Quel message envoie-t-on au corps enseignant ? Celui de fermer les yeux, les oreilles et la bouche, de bâillonner sa conscience et de ne pas alerter les autorités quand un enfant est en danger. Ceci est très grave ! » Pour cette dernière, cela va à l’encontre de la Child Protection Act. Elle ajoute que la psychologue du MITD, suite aux confidences de l’élève, a remis un rapport au FFC et s’est aussi retrouvée à la porte avec comme accusation d’avoir terni la réputation de l’organisme. Le professionnalisme de la psychologue est-il remis en cause ? La commission féminine demande donc la publication du rapport du FFC, d’autant que le ministre de l’Éducation s’est lui-même permis de faire des commentaires relatifs à l’intimité de l’élève. Elles demandent également la réintégration de l’enseignante et de la psychologue et que l’on laisse la police poursuivre son enquête.
Concernant la fermeture du Foyer Namasté, Lysie Ribot a souligné que des 52 femmes qui ont été mises à la porte, la plupart étaient la principale source de revenus de leur famille. « Elles ont un lien d’attachement avec les enfants du foyer et veulent les retrouver ». La plupart des parents, dit-elle, ont même dû arrêter de travailler pour pouvoir s’occuper de leurs enfants. « Le foyer fonctionnait sans permis depuis 2007 et cela n’inquiétait guère les autorités ; la ministre Sheila Bappoo a quand même fait fermer les lieux ». Le Working Together Committee a été mis sur pied pour parfaire la protection des enfants, mais selon Mme Ribot, il n’y a pas du tout de collaboration et de consultation entre la ministre de la Sécurité sociale et celle de l’Égalité des genres. Elle a aussi dénoncé que les centres n’ont pas été fermés à cause des infrastructures mais plutôt à cause des allégations d’abus sexuels. La requête de la Commission féminine est de laisser l’enquête suivre son cours et que les centres soient ouverts à nouveau. « L’État devrait s’occuper des enfants handicapés comme il se doit, cela fait partie de leurs droits ». Lysie Ribot s’interroge : « Pourquoi ce silence et cette indifférence de la part du ministre du Travail, de la ministre de l’Égalité des genres et des autorités ? Avons-nous là un gouvernement sans coeur et sans sentiments ? »
Par ailleurs, Françoise Labelle est intervenue sur l’affaire de la fermeture des centres de l’APEIM, qui affecte 250 enfants handicapés. Eux aussi ont droit à l’éducation et l’État devrait la prendre en charge, dit-elle. Mme Labelle fait appel au ministre de l’Éducation afin que celui-ci assume ses responsabilités vis-à-vis de ces jeunes, en s’assurant qu’ils aient accès à un enseignement primaire et secondaire de qualité et gratuit.
La Commission des Femmes, parlant de la violence dans la société, se dit attristée de voir tout ce qui se passe dans le pays. Elle fait une demande pour qu’une étude sérieuse soit effectuée par les spécialistes de l’Université de Maurice pour en connaître les causes et ensuite présenter des recommandations et que celles-ci soient appliquées. En ce qui concerne la pauvreté, d’après le rapport Households Budget Survey 2012 de Statistics Mauritius, presqu’un ménage sur dix (9,4 %) est en dessous de la ligne de pauvreté relative. Le fossé entre riches et pauvres s’est élargi. Accusant le gouvernement d’appauvrir la société mauricienne, Françoise Labelle demande qu’une évaluation des programmes pour combattre la pauvreté soit faite pour voir d’où viennent les failles. Pour elle, les statistiques viennent confirmer que les programmes du gouvernement pour combattre la pauvreté sont un échec.