Bhowanti Rampadaruth projette à partir de dimanche prochain d’entamer une grève de la faim au kiosque du Jardin de la Compagnie à Port-Louis. Cela fait suite à son licenciement de la State Bank en 2011 après avoir été trouvé coupable par un comité disciplinaire.
Bhowanti Rampadaruth a été licienciée le 3 juin dernier sous une accusation de « Breach of Confidentiality » sous la Banking Act.
Selon sa version des faits, en janvier 2011, elle avait refusé un prêt à un particulier, estimant que la demande de ce dernier ne répondait pas aux critères de la banque. Quatre jours plus tard, son chef hiérarchique l’a réprimandée et le Département des Ressources humaines lui a donné un avertissement. En avril 2011, elle est passée devant un comité disciplinaire.
Lors de la réunion de la Platform kont lalwa travay anti-travayer samedi dernier, un comité de soutien à cette grève de la faim de Bhowanti Rampadaruth a été institué.  Le syndicaliste Jack Bizlall, qui a confirmé sa participation à cette grève de la faim  propose également  une sortie de crise : un arbitrage ou un emploi alternatif pour cette Pre-Compliance Officer de la State Bank of Mauritius qui estime avoir été injustement licenciée par cette banque.« On peut sortir de cette crise de deux manières : soit la State Bank of Mauritius (SBM) concède à un arbitrage pour décider de la réintégration de Bhowanti Rampadaruth à son poste, soit cette banque accepte d’indemniser la plaignante pour renvoi injustifié, tout en lui donnant une attestation afin qu’elle puisse se trouver un emploi alternatif dans une autre banque », a expliqué au Mauricien Jack Bizlall.
« Toutes les propositions pour débloquer la situation sont les bienvenues ! », lance Jack Bizlall qui regrette que malgré l’enquête menée ministère du Travail  le ministre Shakeel Mohamed qui s’est totalement prononcé en faveur de l’intégration de la plaignante, a concédé son incapacité à forcer la banque à la réintégrer.
Les procédures suivies
De son côté, la State Bank of Mauritius a dans un communiqué de presse concernant le licenciement de Bhowanti Rampadaruth, confirmé « toutes les procédures relatives à cette affaire ont été scrupuleusement suivies ».
« Un comité disciplinaire, présidé par un ancien magistrat-président de la Cour industrielle, a statué que les accusations contre Mme Bhowanti Rampadaruth, ont été prouvées et par conséquent, la banque n’avait pas d’autre alternative que de mettre fin à son contrat de travail », lit-on dans le communiqué.
Suite à la résiliation de son contrat, Bhowanti Rampadaruth a logé devant la Cour industrielle une plainte pour renvoi injustifié. « Ce cas est toujours en attente, et étant sub judice, la banque n’en fera aucun commentaire », précise le communiqué.
« En dépit de ce cas en cour, la banque s’est prêtée à un dialogue, sur la base de “WITHOUT PREJUDICE”, avec Mme Bhowanti Rampadaruth, devant le ministère du Travail et des Relations industrielles, la Commission for Conciliation & Mediation, l’Equal Opportunities Commission, afin de trouver une solution. Mme Bhowanti Rampadaruth a systématiquement rejeté les propositions de la SBM », ajoute le communiqué.
Étant donné la nature des accusations contre Bhowanti Rampadaruth devant le comité disciplinaire et la plainte en suspens devant la Cour industrielle, la banque se dit dans l’obligation de rejeter sa proposition pour une réintégration. Elle indique également sa volonté de laisser cette affaire suivre son cours devant la Cour industrielle, tout en se disant ouverte à toute proposition en vue d’une solution.
La réunion de samedi dernier de la Platform kont lalwa travay anti-travayer a aussi été convoquée pour finaliser les items à la tenue de l’Assemblée spéciale des délégués  de ce jour. Cette assemblée des délégués aura lieu à 13 heures à la Sal Sindikal Travayer, derrière le marché de Rose-Hill. « Nous avons demandé à tous les membres de la Platform d’intensifier la campagne en vue de la grande manifestation du samedi 2 février à Rose-Hill contre l’Employment Rights Act et l’Employment Relations Act. Car, ne l’oublions pas, plus de 20 000 travailleurs ont perdu leur emploi à cause de ces deux lois », a expliqué pour sa part Reeaz Chuttoo, un des animateurs de la Platform.