La Maritime Transport and Port Employees Union (MTPEU) invite le ministre du Travail à faire respecter le jugement en faveur des travailleurs de la Mauritius Shipping Corporation Ltd (MSCL). Cette compagnie a signifié son intention de faire appel contre la décision de l’Employment Relations Tribunal (ERT), qui a donné gain de cause à onze employés de la compagnie qui contestaient leur « renvoi injustifié ». Pour Ivor Tan Yan, négociateur de la MTPEU, contester cet award c’est contester le ministère du Travail qui avait transféré le dossier à l’ERT.
« The Tribunal has much difficulty in grasping the rationale for the reduction of workforce as carried out by Respondent ». Cette observation de l’ERT vient donner raison à la MTPEU qui dès le départ, déplorait l’absence d’un plan de restructuration qui pourrait justifier les licenciements à la MSCL. L’award du tribunal est tombé la semaine dernière. Et hier, le management a signifié son intention de faire appel. Ivor Tan Yan, qui dit avoir appris cette nouvelle par voie de presse, réclame une réunion avec le ministre du Travail pour discuter de la situation. « Si le management veut contester cet award, il faut le faire par le biais d’une judicial review, qui remet en cause les procédures. Or, ce n’est pas le syndicat qui a porté l’affaire devant l’ERT, mais le ministère du Travail. Si la MSCL adopte cette démarche, cela voudra dire qu’elle accuse le ministère d’avoir mal fait son travail ».
Une telle démarche légale, ajoute le négociateur de la MTPEU, entraînera un gaspillage des fonds publics. « La MSCL a déjà dépensé beaucoup d’argent pour ses conseillers légaux, dont Me Trilochun, pour le représenter dans cette affaire. Nous serions intéressés de savoir si c’est le même legal adviser qui lui conseille de faire appel. Au final, ce sont les avocats qui toucheront de l’argent détriment des travailleurs ».
Ivor Tan Yan précise avoir toujours maintenu, dès le départ, que les licenciements à la MSCL n’étaient pas justifiés car « il n’y avait aucun plan de restructuration ». La compagnie n’a pas été capable, d’ailleurs, d’en produire un devant l’ERT. « Cela démontre l’incompétence du board ».
Entre-temps, regrette-t-il, des personnes ont perdu leur emploi. D’autres ont été réengagés sous de nouveaux contrats. « On a choisi de contract out les services profitables de la compagnie. C’est une décision dommageable pour la MSCL ».
Il dénonce également les propos du management à l’effet que la Mauritius Ports Authority compte rendre le terminal Aurélie Perrine. « C’est une tentative de viser les employés de ce secteur ».
Ivor Tan Yan souhaite l’intervention du ministre du Travail, Soodesh Callichurn, pour faire respecter l’award de l’ERT. « Il est temps d’apaiser les choses au sein de cette compagnie ».
L’ERT a également recommandé trois mois de salaire par année de service aux licenciés. La question de réintégration n’a pas été abordée.