Après le licenciement des quelque 90 salariés de la biscuiterie Subana, une réunion tripartite est prévue, mardi, au ministère du Travail en vue de discuter des modalités de cette mise à pied. Mais déjà, Jane Ragoo, de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP), laisse entendre que la partie syndicale entend négocier pour chacun des licenciés une compensation selon le temps de service de chaque employé.
En fonction des nouvelles dispositions légales tant décriées par les syndicats, un préavis d’un mois seulement a été accordé à ces salariés pour leur licenciement. Alors qu’à vendredi, sept employés licenciés n’avaient pas encore obtenu leurs salaires pour le mois de septembre, une somme de Rs 450 a été déduite des salaires de septembre des autres salariés. Cette somme, selon le patronat, représente deux jours de travail durant lesquels la direction n’a pas été en mesure de faire rouler la biscuiterie.
Selon la nouvelle législation, toujours, ces travailleurs licenciés n’ont pas droit à une compensation. Le patronat n’est tenu qu’à souscrire à une somme à l’intention de chacun sous forme de recycling fee censé assurer leur formation ou leur permettre de lancer une petite entreprise. C’est précisément au niveau de ce recycling fee que la CTSP entend négocier pour qu’à la place, chaque travailleur ait droit à une compensation. Sous l’ancienne loi, chaque travailleur licencié aurait eu droit à une réelle compensation salariale en fonction du temps de service de chacun. De même, ils auraient eu droit à un préavis de licenciement de trois mois, et non d’un mois comme dans le cas présent.
« Le cas de ces travailleurs de Subana est un cas typique de la précarité du travail aujourd’hui à Maurice, depuis l’adoption des nouvelles lois du Travail », estime Mme Ragoo. La syndicaliste souligne que la majorité des licenciés sont des femmes âgées de plus de 50 ans et qui ont des dettes, notamment, des housing loans à payer. Elle indique que les 90 travailleurs licenciés participeront, ce dimanche matin, à Rose-Hill, à la marche qu’organise la CTSP pour marquer la Journée Internationale du Travail Décent.
Par ailleurs, alors que l’usine en fermeture sera reprise par un repreneur, il se chuchote  que seulement une vingtaine des 90 employés seront réembauchés. Là encore, ces derniers doivent s’attendre à être réemployés selon des condtions d’emploi et de salaires inférieurs. Au niveau de leur syndicat, l’on s’attend à ce que le ministère du Travail leur accorde tout le soutien nécessaire. Jane Ragoo explique, à ce propos, que le directeur du Travail s’est montré sensible au sort des licenciés.