L’Institut Français de Maurice accueille le mardi 22 mai une valeur montante de la chanson française dans ses locaux de Rose-Hill. La jeune chanteuse Madjo, qui vient avec cinq musiciens, accomplit actuellement une grande tournée africaine, qui nous l’amène ici. Trapdoor, son premier album, révèle un chant puissant et un goût prononcé pour la soul music.
À 27 ans, la chanteuse française Madjo fait partie de valeur montante de la nouvelle chanson française. Si elle n’a pas encore pris le pli amidonné des chanteuses professionnelles, son premier album montre la fougue et l’assurance nécessaire pour convaincre et lui valoir une première tournée africaine qui a commencé le mardi 1er mai à Addis-Abeba, et nous l’amène à Maurice le mardi 22 mai après son concert de Lusaka, en Zambie. Son grand-père sénégalais y est peut-être pour quelque chose dans le choix de ces destinations.
Très tôt Madjo est entrée dans l’univers de la musique s’essayant au violon classique dans sa province natale sur les hauteurs savoyardes. Elle choisira très vite sa voie dans les musiques actuelles et s’installera à Paris à partir de 2004, avant de rassembler quelques musiciens et choristes autour d’elle. Son nom d’artiste lui vient de la maison où elle a grandi, s’inspirant des prénoms de ses anciens propriétaires Madeleine et Joseph.
S’accompagnant à la guitare, elle délivre un chant personnel nourri par la soul music, le blues et métissé de multiples influences, sans s’y perdre. Rickie Lee Jones, Joni Mitchell ou Fiona Apple reviennent parmi les noms qu’elle affectionne particulièrement. La fréquentation des milieux de la pop contemporaine lui apporte d’autres couleurs dont sa musique se métisse.
Après quelques années d’apprentissages et de tâtonnements, elle rencontre le musicien et arrangeur Sébastien Lafargue qui a su décanter les belles évidences dont est rempli son premier album. Battant en brèche le conformisme ambiant, les morceaux présentés ici montrent une vision personnelle du monde, une volonté de développer l’imaginaire.
Mélancolique ou enjouée, Madjo chante en anglais ou en français. La musique lui vient généralement en premier lieu, avant que les mots ne s’y insèrent. Storytelleuse confidente dans Leaving my heart, gardienne d’un bestiaire fauve (Lion), la jeune chanteuse surprend par sa volonté de bousculer l’ordonnance naturelle de l’écriture. Ses chansons semblent avoir été composées dans un demi-sommeil lunaire entre les songes et la réalité, inspirés par le chant des oiseaux de nuit (Catch the bird, Le coeur hibou) et par celui les héroïnes blues folk de Greenwich Village.