Mark Read est un artiste photographe-reporter qui joue avec le temps et la lumière et réalise de magnifiques images du monde à travers le documentaire. Il s’est inspiré récemment de notre île, où les puissants contrastes entre ombre et lumière, intérieur et extérieur, ont nourri son sens de la ligne et des formes. Au final, plus d’une dizaine de photographies (sur des light boxes), entre ombre et lumière, le ciel et le feu, qui excellent dans l’incarnation du concept “Light”.  D’où La Light Gallery, (la première des établissements LUX*) à Belle-Mare. Un espace sous forme de passage inaugurée jeudi soir et qui accueille la 5ème exposition du photographe londonien avec une sélection d’images à la portée, non seulement historique, mais artistique.
Des couleurs aux tons rouges, verts, bleus, violets, améliorent l’atmosphère. Les photographies sont des spectaculaires qui soient, où les éléments jouent un jeu, parfois violent, souvent subtil, entre ombre et lumière, calme et tempête, horizontal et vertical. Rencontre avec Mark Read, voyageur, photographe, qui a non seulement amélioré le concept de la lumière de LUX* à travers un magazine et un brief, mais plus proche de nous, raconté une histoire à partir d’un lieu mythique : Le Morne, avec une dose de romantisme et beaucoup d’humanité. Pour Mark, La Light Gallery “is the best representation of light, how it reflects, through images of Le Morne (Landscape, portrait)…”
Mark Read a étudié la photographie au London College of Printing où il a subi l’influence de nombreux grands photographes explorant le documentaire. Il nous dit qu’il rêvait de devenir reporter avec un intérêt pour les portraits. À partir de 1998, Mark observe le monde et en restitue un témoignage à la fois personnel et pertinent. Il voyage de Londres à la Sibérie, en passant par la Georgie, l’Iran, l’Azerbaijen, l’Asie centrale. Il réalise des portraits, accompagné d’un anthropologiste qui travaille sur un projet de recherche sur les anciennes routes de migration. Le voyage est sponsorisé par Land Rover et Kodak et le résultat de leurs travaux est publié dans National Geographic comme un “genographic project” (une vaste étude d’anthropologie génétique). Mark Read travaille aussi pour de nombreuses organisations non gouvernementales et des institutions charitables en Afrique. Après 15 ans de carrière, Mark Read nous parle d’une imagerie à la fois attractive et utile. Quand on l’interroge sur les responsabilités du photographe et sa relation à l’Autre, il déclare que le photographe se doit de dire la vérité sur ce qu’il voit. Pour Mark, la fiction réside plus dans le travail créatif alors que le reportage permet de raconter une histoire. Outre sa campagne de promotion pour un établissement hôtelier, le photographe nous dit qu’il n’est pas intéressé à exploiter les gens en photographie. Il ajoute que l’art est objectif et qu’il faut être conscient des identités et savoir comment les représenter avec authenticité. Mais selon Mark, il ne peut exister d’objectivité absolue dans le journalisme. “Everyone has some set of values…”. La démarche des photographes issus du reportage a donc évolué parallèlement aux outils et supports de diffusion. Mark ne boude pas l’image digitale puisque, selon lui, les retouches d’images améliorent la qualité de la photo et la rend plus authentique. L’exposition de photographies au Light Gallery de Belle Mare a permis à Mark Read d’explorer les à-côtés affirmant la subjectivité de son regard et son aspiration à la fiction.
Photo shoot : Mark Read