Au lendemain de son retour d’une visite officielle en Inde, qualifiée d’« historique », le Premier ministre a donné l’assurance hier que la ligne de crédit de Rs 18 milliards mise à la disposition de Maurice par le gouvernement indien aura un effet très limité sur la dette publique. Pravind Jugnauth, qui avait à ses côtés le haut-commissaire de l’Inde, a également affirmé qu’il n’a jamais été question de céder Agaléga à l’Inde et que toute nouvelle infrastructure qui sera construite ainsi que les activités aériennes et navales dans l’île resteront sous le contrôle des autorités mauriciennes.
Pravind Jugnauth, qui s’était rendu en Inde à l’invitation de son homologue indien Narendra Modi, en compagnie du Premier ministre adjoint, Ivan Collendavelloo, du secrétaire au cabinet, M. Ballah et du secrétaire aux Finances, Dev Manraj, a d’emblée qualifié sa visite d’État d’« historique » et a considéré qu’elle a été dans l’intérêt des Mauriciens. Cette visite lui a permis d’avoir une rencontre en tête à tête avec le Premier ministre indien, suivie d’une séance de travail. Il a aussi rencontré le président de la République, le vice-président et plusieurs ministres indiens dont la ministre des Affaires étrangères Sushma Swaraj. Outre les différents accords conclus et qui ont été largement évoqués dans la presse, le PM s’est appesanti sur la ligne de crédit de 500 millions de dollars, soit quelque Rs 18 milliards, obtenue à un taux d’intérêt fixe de 1,8 %, remboursable sur une période de 20 ans avec un moratoire de sept ans pour le remboursement du capital et de quatre ans pour le remboursement des intérêts. Pour Pravind Jugnauth, ce taux d’intérêt et les autres conditions associées sont les plus bas jamais obtenus par un gouvernement mauricien. Il a reconnu que la précédente ligne de crédit mise à la disposition de Maurice en marge de la visite officielle du Premier ministre indien à Maurice en 2015 ne bénéficiait pas des mêmes avantages. Ce qui explique qu’elle n’a jamais été utilisée. Pravind Jugnauth estime que la nouvelle formule qui a été trouvée mériterait d’être enregistrée comme une propriété intellectuelle. En effet, la ligne de crédit concernera l’EXIM Bank de l’Inde et la SBM, qui mettra sur pied la SBM Infrastructure Development Ltd. Cette dernière institution financera différents Special Purpose Vehicles (SPV) qui seront créés pour le financement des différents projets qui bénéficieront de cette ligne de crédit et qui seront annoncés dans le cadre du prochain budget le 8 juin prochain. Les fonds seront alloués aux SPV sous forme de redeemable preference shares afin qu’il n’y ait pas d’impact négatif sur la dette publique. Le gouvernement ne garantira pas les Rs 18 milliards dans leur totalité mais à partir du moment où les remboursements débuteront après les moratoires, il garantira successivement chaque tranche de remboursement qui se fera sur une base semestrielle. « Cela fait toute la différence et pèsera moins lourd sur les budgets annuels », a dit le Premier ministre qui affirme que les SPV, qui fonctionneront comme des compagnies privées de l’État, opéreront dans la transparence.