Si ce n’est pas facile d’être l’épouse d’un entraîneur de chevaux, il est sans doute encore plus difficile d’être l’épouse de Serge Henry. Si rien ne prédestinait Linda Henry à une vie de cheval, celle-ci aura appris à aimer ce noble animal au point où elle avouera n’avoir pas connu de «dull moment» en cinquante années aux côtés de son époux.
Oui, aujourd’hui (jeudi), cela fait 50 ans que Serge et Linda se sont dit oui en 1965 aux Etats-Unis, là où ils s’étaient rencontrés à l’université. Des noces d’or que toute sa famille, ses proches et ses amis devraient fêter en ce jour.
Mais tout ne fut pas fait en un jour. «Cela a pris beaucoup de temps et de stress. C’est vraiment incroyable ce que cela a été pour moi. Jamais un moment de répit. On vivait 24h sur 24 pour les chevaux », dira-t-elle d’emblée quand Turf Magazine l’a rencontrée mardi matin.
Linda Henry avait les yeux pétillants de bonheur en nous parlant de sa vie avec son époux, mais on sentait aussi que tout n’avait pas été rose dans sa vie. « Nous avons connu des moments durs mais heureusement que je contrôlais tout et cela me donnait l’occasion d’obtenir une petite place en tant qu’épouse. Mais je dois vous avouer que je ne connaissais rien au cheval quand je suis venue à Maurice.»
C’est grâce à son beau-père que j’ai eu l’occasion d’approcher un cheval pour la première fois et le déclic se nomme Mystic Snow. C’est son plus grand souvenir en un demi-siècle de vie commune et cela débuta dès sa première année à Maurice.
«Je me rappelle comme si c’était hier. Mon beau-père me dit qu’il allait m’offrir le plus beau cadeau du monde. Je me demandais bien de quoi il en était. Je m’attendais à recevoir un bijou mais ce fut une invitation aux courses avec un cheval courant à mon nom. C’était en 1965 et j’eus l’honneur de raccompagner le vainqueur du Maiden et de recevoir la Coupe des mains de Sir Seewoosagur Ramgoolam. Ce fut un moment d’intense émotion. C’est Serge Henry père qui m’a initié aux courses. Je suis depuis devenue une fervente supportrice des courses de chevaux alors que je ne m’étais jamais approchée d’un cheval auparavant.»
C’est sans doute cela qui fit que Linda Henry sut donner un grand coup de main à son époux quand celui-ci obtint enfin sa licence d’entraîneur pour la saison 1983.
« Je me suis vue en train de faire marcher les chevaux quand ceux-ci étaient atteints d’une colique. A cette époque il n’y avait pas de vrai remède pour combattre ce mal.»
L’autre grand moment fut la venue au monde de Petit Monde.
« L’union entre Royal Villain et Demimonde donna naissance à Petit Monde et je m’en souviendrai toujours. »
Ainsi, la vie aux côtés de Serge Henry a été en tous points mémorable. Comme leur rencontre alors qu’ils étaient étudiants. Linda Henry donnait alors un coup de main pour aider les étudiants étrangers à améliorer leur Anglais.
«Nous nous sommes mariés six années après que nous nous soyons connus et je trouve qu’avec l’âge, Serge possède plus de qualités que de défauts. Je dirai aussi qu’il était souvent mal compris. Il ne passait pas par quatre chemins pour vous dire sa façon de penser. Mais c’est un grand homme de cheval. Il a grandi avec les chevaux et …»