VEENA MATABUDUL-PULTON

L’Inde, Terre de contrastes, est à la fois envoûtante et surprenante. Mais saviez-vous que la plus grande démocratie du monde connaît ses années de gloire avant l’ère coloniale britannique et que c’est à partir de 1757, lorsque débute le règne des British, qu’elle vit une époque dispendieuse ?

VEENA MATABUDUL-PULTON

Que s’est-il donc passé pendant ces deux cents années d’occupation anglaise ? Comment se fait-il qu’avant la gouvernance des Anglais, l’Inde qui représente 23% de l’économie mondiale, dégringole jusqu’à moins de 4% après la période coloniale ?

En mai 2015, Shashi Tharoor, une éminente personnalité d’origine indienne, prononce un discours phare à la prestigieuse institution anglaise, Oxford Union sur le thème “Britain Owes Reparations to Her Former Colonies”. Le succès fulgurant de son allocution l’encourage à rédiger son œuvre “Inglorious Empire – What the British Did to India”.

L’ouvrage de Shashi Tharoor, qui est truffé de faits historiques, n’est pas écrit dans le but de dénoncer ou de condamner les injustices commises par les colons anglais. Par le biais de l’écriture, l’auteur incite les Indiens, ayant un sens d’appartenance à leur patrie, à prendre conscience de cette sombre époque de leur histoire afin qu’ils puissent en toute connaissance de cause, “Forgive but never forget”.

En parcourant le livre de Shashi Tharoor, nous apprenons comment les Maharajahs de l’Empire indien, qui règnent en maître sur leur royaume, sont contraints de renoncer à leur pouvoir suprême sous l’égide des Anglais. Toutefois, malgré leur abdication, ils conserveront leur prestige et leur dignité aux yeux du peuple indien.

Shashi Tharoor démontre aussi dans son ouvrage comment la désindustrialisation de l’Inde est engendrée par le régime colonial anglais, provoquant ainsi des conséquences fatales pour l’économie indienne. Les ressources devant être investies en Inde sont systématiquement détournées vers L’Angleterre. La Compagnie anglaise des Indes orientales, devenue florissante, obtient le monopole du commerce. Les industries du textile comme celles du coton et de la soie dont la réputation dépasse les frontières, tout en faisant la fierté des Indiens, sont désormais écorchées sous la domination anglaise. Nombreux sont les fabricants et les artisans indiens déchus et déçus qui choisissent l’exil. Ces Indentured Labourers font partie de la vague migratoire vers les colonies britanniques, dont l’île Maurice.

Il semblerait que l’occupation anglaise a aussi fait beaucoup de tort au sous-continent en ce qui concerne ses joyaux et ses pierres précieuses. Exposé au Jewel House à La Tour de Londres, le Koh-i-noor ou La Montagne de Lumière est un diamant de 103 carats qui orne la couronne royale de la Reine Victoria. Cette majestueuse gemme, symbole de la colonisation anglaise, demeure toujours un sujet de litige entre la Grande-Bretagne et l’Inde. De même, l’exploitation du savoir-faire indien ainsi que la contribution jusqu’ici non reconnue des soldats indiens dans les grandes guerres mondiales font aussi partie du lot d’iniquités que cite l’auteur dans son livre.

Malgré l’emprise du régime britannique, la presse écrite locale parvient à éveiller la fibre nationaliste des Indiens et c’est dans ce contexte que le Mahatma Gandhi crée le Satyagraha, le Mouvement non violent pour l’Indépendance de l’Inde, qu’elle acquiert en 1947.

Néanmoins, comme tout fin intellectuel et diplomate qui n’aspire qu’à éclairer ses auditeurs et ses lecteurs, Shashi Tharoor précise qu’il ne faut pas faire l’amalgame entre les Grands Serviteurs anglais qui, grâce à leur vision, ont métamorphosé une grande partie du paysage de l’Inde et les colonisateurs britanniques avides de gains et de pouvoir, qui ne pensaient qu’à se remplir les poches au détriment des autochtones.

Si l’Inde vous fascine ou vous intrigue, je vous recommande vivement de lire l’ouvrage de Shashi Tharoor, Inglorious Empire – What the British Did to India.

“Non-violence is the greatest force at the disposal of mankind.” (Mahatma Gandhi)

Bonne lecture !