Des premiers accords aux grandes ambitions novatrices. Lindley Iyanasee expose un point de vue circonstancié du séga et en identifie une entrave majeure. Parcours d’un musicien qui voudrait populariser notre musique au-delà des limites indianocéaniques.
Il s’en souvient comme si c’était hier. Il y avait Loyd, un musicien de Tranquebar, Lindsay Morvan et Linda Ramiah : des proches du Klib Zanfan Port-Louis. Nous sommes vers la fin de 1979. Un enfant de Les Salines prend goût au concours de chants, après Words de F.R. David, et sillonnera les faubourgs pour donner de la voix.
Lindley Iyanasee et sa famille sont parmi les premiers à s’installer à la Tour Koenig. Les maisonnettes sont alors environnées de champs de cannes. Il y a aussi Maxime, qui joue de la guitare en gaucher et qui se refuse d’inverser les cordes. C’est ainsi que le futur soliste a débuté, sur une guitare empruntée. Il chantera du Shake (Avec elle) ou Lover Why de Century, en s’accompagnant d’une guitare, dans la défunte salle municipale Louis L’Échelle.
Il rejoint la chorale de Pointe aux Sables. Elle avait la particularité de se produire chaque mois chez l’habitant. Un jour, le guitariste attitré rate un accord et se lève soudainement, abandonnant guitare et choristes. Le jeune Lindley se saisit aussitôt de l’instrument et prend le relais. Le début d’une longue histoire avec la musique.
En même temps que les Firehawks prennent leur envol, le groupe Future Beats se lance sur le devant de la scène. Lindley joue désormais sur une guitare électrique, offerte pour ses dix-huit ans, en 1988. Elle avait une grande valeur sentimentale à ses yeux. “Il y a deux ans, j’ai perdu cette guitare. On a forcé le coffre de ma voiture et on me l’a dérobée. Ce fut le jour le plus dur de ma vie; j’ai pleuré de Port-Louis à Mahébourg. Cet instrument m’avait été offert par mes parents.”