La célébration du 44e anniversaire de l’accession de Maurice à son indépendance et le 20e de la République sera marquée par le parti politique Lalit, par une journée de réflexion sur les stratégies et concepts qui ont jusqu’ici dominé la vie politique à Maurice. Cette conférence aura lieu le 12 mars au siège de Lalit à GRNO.
Principale animatrice d’une rencontre avec la presse hier au quartier général de Lalit à GRNO, Lindsey Collen a d’emblée expliqué qu’alors que le monde traverse une crise économique et sociale aiguë, il est grand temps d’affiner les stratégies de lutte pour un monde alternatif.
« Frappés de plein fouet par cette crise économique et sociale mondiale, les pays néocolonialistes ne vont rien trouver de mieux que de faire porter le fardeau de cette crise par les pays les plus pauvres », soutient Lindsey Collen. Elle était entourée de Yannick Jeanne, Alain Ah-Vee, Rada Kistnasamy, Ram Seegobin et Rolan Boussack.
Selon Lindsey Collen, cette crise a pour conséquences le chômage, la précarité, les inégalités, l’implosion des familles et la violence, entre autres. Dans ce contexte, poursuit-elle, il convient de réfléchir sur les concepts et stratégies adoptés jusqu’ici afin de mieux pouvoir faire face à cette situation. « Nou pou perdi batay si nou zouti danalyze pa bon ! Dimunn ordiner byen suvan gob slogan kapte klise kuma “Morisyanism” ek “Enn sel lepep enn sel nasyon”. Nu dan Lalit nu byen mal-alez avek sa bann slogan-la nu ena buku dut lor ki stratezi zot pe suzantand. Nous nous rendons bien compte que ceux qui crient ces slogans veulent ainsi démontrer leur sentiment anti-communal. Mais quelle que soit leur intention, ces slogans peuvent être très problématiques, voire même dangereux dans la pratique, car les slogans “Morisyanism” “nasyonalism” “linite nasyonal” “Mwa, mo 100% Morisyen, twa ki to ete, twa ?” etc. ne constituent-ils pas en fait une voie directe par laquelle le capitalisme domine ? ».
Selon l’animatrice de Lalit tous ces slogans sous-entendent « une compartimentation des travailleurs et une instrumentalisation du communalisme au profit du grand capital ». « Eski Morisyanism li vrema kombat kominalism ? Eski nasyonalism kombat imperyalism ? Alors ki stratezi ? », s’interroge-t-elle. La conférence du 12 mars sera ainsi axée autour de ces interrogations, dit Lindsey Collen (voir encadré).
« C’est une conférence ouverte et l’invitation est lancée à tous ceux qui veulent profiter de la fête nationale et de la fête de la République pour débattre sur ces questions afin de ne pas être pris de court quand la pression se fera sentir pour contrer la stratégie des capitalistes acculés par la crise économique mondiale ».
Alain Ah-Vee a pour sa part exprimé l’indignation de Lalit par rapport à la décision du gouvernement mauricien de faire défiler des soldats français le 12 mars au Champ-de-Mars. « C’est d’autant plus inacceptable que la célébration de l’Indépendance est justement une fête pour célébrer notre libération des jougs des puissances coloniales dont la France a fait partie », explique-t-il. Il a annoncé une campagne nationale contre ce défilé.