« Je dis oui au dépistage ». Ainsi se présente la campagne nationale de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus que Link to Life a lancée hier dans le cadre de la Journée de la femme. L’ONG veut sensibiliser les Mauriciennes à l’importance de se faire dépister tôt car 30 % des cas détectés de ces cancers se terminent par un décès durant les trois premières années.
Sashi Desai, président de Link to Life, a reçu hier après-midi un chèque de Rs 650 000 de la Phoenix Foundation. Celle-ci a financé l’ONG pour une somme totale de Rs 1,4 M pour les dépistages gratuits destinés aux femmes de 30 à 60 ans dans ses centres de Vacoas et de Pamplemousses.
Chaque année 350 nouveaux cas de cancer du sein et 150 cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués à Maurice. Link to Life s’est fixé pour objectif de réduire le nombre de décès de ces cancers.
Les décès dus au cancer du sein, le cancer le plus répandu chez la femme, à Maurice, ont presque doublé. Responsable de 252 décès en 2001, il a tué 551 Mauriciennes en 2008, indique Link to Life. Le deuxième cancer féminin le plus commun est celui du col de l’utérus. Il provoque 50 décès chaque année à Maurice. Au cours de 12 dernières années l’âge moyen des femmes touchées était de 56 ans.
« La sensibilisation, la prévention et le dépistage sont des facteurs clés », affirme la Phoenix Foundation. « Ces cancers ne sont pas seulement l’affaire des femmes mais de toute la famille et plus particulièrement du conjoint ». Sashi Desai indique que 645 femmes ont été accueillies pour un dépistage dans les locaux de Link to Life en 2011 et 780 en 2010. En outre 350 femmes ont bénéficié d’un soutien lors de chimiothérapie et de radiothérapie à l’hôpital Victoria.
La campagne nationale de dépistage se fera à travers des spots télévisés de 20 secondes, des spots radio de 30 secondes, des affiches, des encarts dans la presse écrite et le « emailing » à partir d’une base de données de 71 000 contacts. Link to Life préserve l’anonymat des femmes qu’elle accueillera lors des dépistages. « La confidentialité est une priorité lorsque la patiente est appelée à remplir une fiche d’informations essentielles au médecin », indique l’ONG. « La prise en charge se fait dans un climat de confiance. Le médecin explique comment se fera le dépistage et répond à toutes ses questions. Une hôtesse est toujours là pour accueillir chaleureusement la patiente et la mettre à l’aise », fait ressortir Link to Life. Noëlla, assistante sociale, nous dit : « Le premier contact se fait déjà au téléphone lors de la prise de rendez-vous. L’accueil est primordial dans un centre comme le nôtre. Certaines personnes arrivent stressées ou elles ont peur du dépistage. Notre rôle n’est pas seulement de les faire remplir une fiche mais de les rassurer, les orienter et répondre à toutes leurs interrogations ».
Le dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus est réalisé au moyen de l’inspection visuelle à l’acide acétique qui permet une détection précoce des lésions cervicales précancéreuses et d’un cancer invasif débutant. Outre la colposcopie, l’examen et la palpation du sein sont aussi pratiqués par un médecin de sexe féminin pour repérer toute grosseur ou tumeur suspecte ou toute anomalie ayant trait à la morphologie du sein et à l’aspect de la peau. En cas de test positif le médecin réfère la patiente à l’hôpital Victoria à Candos pour des examens plus approfondis afin de savoir si les anomalies sont d’origine cancéreuses ou pas. Link to Life veut faire passer un message positif avant tout : « Dépister ces deux cancers ne signifie pas que l’on va en découvrir un, la quasi-totalité des résultats ne signalant aucune anomalie. En revanche plus leur détection est précoce plus les taux de guérison sont élevés. »