Link to Life, une ONG apportant son soutien aux patients souffrant d’un cancer et à leurs familles, a lancé hier à Bell-Village Repères Santé, un guide sur le cancer du sein et un magazine souvenir pour commémorer son dixième anniversaire. L’ONG a célébré ces événements dans le cadre des activités du mois d’octobre consacré à la sensibilisation au cancer du sein avec pour objectif la prévention et le dépistage précoce de ce type de cancer qui représente 39,3% de tous les cancers chez les femmes.
Selon le rapport du National Cancer Registry, 410 nouveaux cas de cancer du sein ont été diagnostiqués chez les femmes en 2012 et 144 Mauriciennes en sont mortes. Le cancer du sein est responsable de 25,8 % des décès chez les Mauriciennes atteintes de cancer. Il est aussi la cause de mortalité la plus commune chez les malades du cancer. Le ministre de la Santé Lormus Bundhoo, qui était l’invité de Link to Life hier, a indiqué que le cancer est une menace majeure à la santé des Mauriciens après le diabète et les maladies cardio-vasculaires. Cette maladie est la troisième cause de mortalité à Maurice. « 35% des décès auraient pu être évités », affirme le ministre de la Santé.
Le ministre a annoncé la visite prochaine du Pr David Khayat de l’hôpital parisien La Pitié-Salpêtrière. Il aura la tâche de conseiller le gouvernement en vue de l’amélioration des services médicaux du cancer. M. Bundhoo a également obtenu la collaboration de centres majeurs du cancer lors de sa récente visite en Inde. Le Pr Kesler de Hongrie viendra former les professionnels de santé mauriciens. Par ailleurs un nouveau centre de radiothérapie et d’oncologie sera construit à l’hôpital Victoria à Candos. D’autres mesures citées par le ministre de la Santé comprennent un projet de soins palliatifs au niveau de la communauté, le screening régulier des femmes de 30 ans et plus par les National Cervical Screening Services et l’introduction du vaccin contre le papilloma virus dans les services de santé publique pour prévenir le cancer du col de l’utérus. Le Pr Jean-Marc Nabholtz, directeur d’un centre du cancer en Auvergne en France, conseillera le ministère sur la fondation d’un centre national du cancer.
Le cancer était à l’origine de 12,3 % des décès en 2012. Selon le National Cancer Registry, 1 942 nouveaux cas de cancer ont été recensés en 2012, soit 1 114 cas chez les femmes et 828 chez les hommes. Mode de vie, population vieillissante, alimentation, inactivité physique, alcoolisme, tabagisme sont les principaux facteurs du cancer, indique le ministère de la Santé. « Le fardeau croissant du cancer est un défi pour nos services de santé publique », a déclaré le ministre.
Facteurs de risques
Entre les périodes 1989-1992 et 2006-2010 le nombre de cas de cancer a triplé. Le ministère de la Santé a fait appel à un expert international en épidémiologie. Celui-ci a déjà eu des consultations avec le Cancer Registry et sera à nouveau à Maurice pendant la troisième semaine d’octobre pour poursuivre ses travaux. Les principaux cas de cancer chez les Mauriciennes sont celui du sein (39,3 % de tous les cancers) et celui du colon-rectum (8,1 %), et chez les hommes, celui de la prostate (14,2% des cancers masculins) et celui du colon-rectum (13,3%).
Le National Cancer Control Programme Action (NCCPA) de 2010 met l’accent sur le screening, le dépistage précoce pour sauver des vies de même que le contrôle des facteurs de risques, les soins palliatifs, l’accès aux traitements, la formation des professionnels de santé, la surveillance des cancers et la recherche médicale. Le ministère de la Santé, indique Lormus Bundhoo, procédera au screening des femmes ayant un risque élevé d’avoir un cancer du sein au moyen de la mammographie digitale de l’hôpital Victoria de Candos. L’immuno-histo chemistry a été introduite au laboratoire central de Candos pour identifier les cancers du sein hormono-dépendants. Une collaboration entre Link to Life et le ministère de la Santé a permis l’envoi de 100 échantillons de prélèvements sur des patients en Afrique du Sud. 13% de ces échantillons se sont révélés positifs.
Côté traitement, un médicament très coûteux, le Herceptin, a été approuvé par le ministère de la Santé pour le traitement de certains cas de cancer du sein hormono-dépendants. Les chimiothérapies sont pratiquées selon des protocoles inspirés de guides américains et européens. Des chirurgiens, indique le ministre, sont formés par des consultants internationaux aux nouvelles techniques de chirurgie du cancer du sein.