Il n’y a pas eu de coup d’essai pour le Lion, alors que beaucoup l’ont cru lorsque cette alliance non-désirée fut forgée… mais un vrai coup de maître ! Un coup que le chaton, dont l’ego fut ébranlé par la manière de procéder de la Commission, n’attendait pas, selon moi. Petit Chat, qui n’aura rien retenu des leçons politiques de son savant de père, aura quand même donné de quoi épater la galerie publique : une démission en bloc, des tractations diverses, ses commentaires sur une tasse de thé et un massepain bien mérités… que de choses juteuses pour certains journalistes et même un public toujours en quête de sensations !
Le Lion, de son côté, nous a bien fait attendre… avec sa légendaire lenteur et ses remarquables absences au coeur d’une crise (rappelez-vous l’épisode Sithanen) … un peu pour rien… puisque jusqu’ici, il n’y a eu qu’une implosion – encore une fois, à mon humble avis ! Si les commentaires sur les réseaux sociaux, dans la presse et sur les antennes de radios privées sont allés bon train, ainsi que les spéculations, théories et calculs politiques de tous bords, genres et couleurs… tout ceci n’aura été peut-être qu’une tempête dans un verre d’eau. Pourquoi ? Simplement parce que le communiqué qu’a émis le PMO lundi soir, selon lequel la Commission devait continuer à faire son travail en toute « indépendance et sérénité » aura tué dans l’oeuf l’attaque contre cette institution. Ainsi les déclarations du Petit Chat au sein de son comité central le week-end dernier sur cette commission anti-corruption ne seront pas entérinées par le leader tricolore… et perdent ainsi tout mordant ou poids politique.
Ce même Leader, à qui l’on a reproché un trop de soumission aux Oranges, une générosité incompréhensible et incomprise à ce jour, à l’heure des investitures des dernières élections générales et de la répartition des portefeuilles ministériels à la suite du scrutin… a peut-être fini par bien faire son affaire. Le clan du Petit Chat, que nous appellerons les Chatons, démissionnaire et la queue entre les jambes… se retrouve avec une certaine « dignité » sans maroquin… et pas des moindres !
Qui bénéficiera maintenant de tout ce beau “galimatias” ? D’autres ambitieux Chatons peut-être … d’autres Rouges en attente de cassure, du remaniement et des scénarios 1, 2, 3, 4, 5 et 6 qui pourraient leur permettre d’avoir leur « boute » bien mérité ? Des Bleus, dont il faudra renforcer l’éclat communautaire en vue des prochaines joutes électorales ? Peut-être aussi les Mauriciens, ce peuple admirable assis chez lui, chaque soir devant sa boîte à propagande qui a le don de rester scotché – le temps de quelques interminables minutes –, sur l’image infiniment inspirante et puissante du Leader Maximo ?
Petit Chat et sa bande d’« aristochats » cocasses n’auront plus qu’à se faire encore plus petits désormais, puisque la dernière carte abattue aurait mis en péril le dit potentiel « premier ministrable » du leader orange. Quel peuple voudra-t-il d’un chef qui préfère se départir de son devoir de portée nationale pour soutenir un individu – de surcroît un membre de sa famille – qui fait l’objet d’une enquête high profile ? Quel peuple voudra-t-il d’un Clan, dont les seuls intérêts seraient les siens…? Quel Peuple, dont toute une panoplie d’indices et de rapports mondiaux classe le pays « au premier rang » en Afrique, voudra-t-il se retrouver dans ce chaos et cette insécurité politiques qui ne viennent que s’ajouter à tout un pandémonium, à la sécheresse, aux abus sexuels et autre dégradation des moeurs sociales ?
Le Lion a raison : nous avons trop longtemps joui d’une stabilité en notre démocratie pour chercher maintenant à nous faire passer pour une de ces républiques bananières que nous déplorons… Mais s’il souhaite que nous ne restions pas au stade de « zako pe manz banann » il faudra aussi que ses acolytes et lui, toutes couleurs confondues, se retirent de la « jungle » – « lev pake ale » – et laissent la place aux autres au prochain scrutin. Et ce pour que les Mauriciens, surtout les jeunes, ne soient plus soumis à ces jeux d’alliances malsains. Une question de salubrité démocratique, il va de soi ; cela sera un coup de maître en effet, pour que Le Lion reste un exemple à glorifier ad vitam eternam…