Même s’il assure de la « solidité » du Remake 2000, Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM, reconnaît que l’exercice visant à arrêter la liste des 60 candidats de cette alliance de l’opposition se révélera « particulièrement difficile pour le MMM ». Alors que, rappelle-t-il, selon l’accord conclu, la répartition des investitures devra se faire à parité 30/30 entre le MMM et le MSM, le leader de mauves parle de « difficultés », notamment les 60 candidats que le MMM avait alignés lors des dernières législatives qui « sont toujours là ». C’est ainsi que le leader du MMM annonce la tenue d’une assemblée des délégués de son parti le dimanche 9 février pour passer en revue toute la situation.
Selon Paul Bérenger, nombreux sont ceux, au MMM, qui ont été « soulagés » quand Xavier Duval a « craqué » et s’est décidé à soutenir le Ptr au gouvernement. Pour lui, le plus « grand perdant » de toute cette saga n’est autre que le PMSD qui, selon lui, est sorti de cet épisode « entièrement décrédibilisé ». Le leader du MMM trouve que, parallèlement, Navin Ramgoolam a, lui aussi « laissé des plumes » au cours de ce tug-ot-war entre les deux partis de l’alliance gouvernementale.
Même si, déclare le chef de l’opposition, le Premier ministre a pu « faire peur » à son ministre des Finances, « il ne contrôle toutefois plus rien ». Paul Bérenger enchaîne en réaffirmant que, ce qui importe à son parti « en toutes circonstances », c’est de savoir quoi faire au pouvoir. « Pour le MMM, répète-t-il, ainsi, tout est une question de programme et non de se retrouver à tout prix au gouvernement, même si c’est pour faire n’importe quoi ». Il rappelle à cet effet que le MMM et le MSM ont convenu des points fondamentaux qui constitueront l’ossature de leur programme commun, alors que, dit-il, le PMSD a lui choisi de maintenir son soutien au Ptr dont l’action au gouvernement depuis 2005 est, selon Paul Bérenger, « complètement à l’opposé » de ce que souhaite le MMM.
C’est ainsi que le leader des mauves réfute les supputations de certains commentateurs qui, à la lumière du dénouement de la crise ayant opposé les deux alliés au gouvernement, ont évoqué un éventuel rapprochement Ptr/MMM. « Il n’y a pas et il n’y aura rien entre le MMM et le Ptr », assure une fois encore le leader du MMM. La raison est que « le Ptr d’aujourd’hui n’a plus rien de commun avec celui d’Anquetil, de Rozemont, du pandit Sahadeo et de Seeneevassen », selon Paul Bérenger.
Investitures à parité 30/30
Pour lui, en effet, depuis 2005, le MMM et le Ptr sont « fondamentalement opposés » sur des questions telles la lutte contre le communalisme, celle contre la corruption, la promotion de la démocratie ainsi que sur le maintien de l’ordre et de la paix. Le leader du MMM assure en revanche que le Remake 2000 est « solide » et qu’il ne doute pas que cette entente MMM-MSM va « balye karo » aux prochaines élections générales. Alors que les deux partenaires de l’opposition se concertent en ce moment en vue de discuter de la liste des candidats qu’ils aligneront, Paul Bérenger concède toutefois que cet exercice se révélera « inévitablement difficile ».
Il explique, entre autres, que, déjà, le MMM dispose de trois députés dans trois circonscriptions et que de nombreux militants insistent pour qu’il y ait « deux candidats MMM sur trois dans beaucoup d’autres circonscriptions ». Le leader du MMM, qui rappelle que, selon l’accord conclu la répartition des investitures entre les deux partis du Remake 2000 se fera à parité 30/30, souligne que les 60 candidats que son parti avait alignés lors des dernières élections générales « sont toujours là », alors qu’il y a de nombreux nouveaux venus. « Ce sera donc particulièrement difficile pour le MMM », reconnaît-il, ainsi.
Paul Bérenger annonce en conséquence la tenue d’une assemblée des délégués du MMM le dimanche 9 février . « Ce sera, explique-t-il, une réunion d’informations et de débats mais pas une assemblée où des décisions seront prises ». Le leader du MMM indique qu’il sera alors notamment rappelé aux délégués présents les décisions qui furent approuvées lors de l’assemblée qui avait été convoquée en 2012 pour approuver « en toute lucidité et dans la démocratie » la constitution du Remake 2000 quand, dit-il, « toutes les options avaient été proposées aux militants ».
Commentant par ailleurs l’actualité générale, le leader de l’opposition exprime la solidarité de son parti envers les 160 jeunes aspirants-médecins qui ont déjà complété leurs deux années d’internat dans les hôpitaux publics et qui avaient signé un accord avec les autorités en vue de leur enregistrement en tant que médecins auprès du Medical Council. « Nous demandons que justice leur soit faite », déclare Paul Bérenger.
Dans le but de protéger les patients, il se dit néanmoins favorable au projet que tout jeune aspirant-médecin passe préalablement un examen « bien adapté » avant d’être qualifié à exercer. Selon le leader de l’opposition, cette disposition ne devrait toutefois pas s’appliquer dans le cas des 160 internes qui, dit-il, « ont, déjà, un contrat formel avec le gouvernement ».
« Loi rétrograde d’Aimée »
Pour ce qui est de la hausse des trade fees payables aux collectivités locales par les opérateurs économiques, Paul Bérenger qualifie de « honteux » la position adoptée par le ministre des Administrations régionales, Hervé Aimée, qui, dit-il, adopte la politique du « pa moi sa, li sa ! » Pour lui, c’est la « loi rétrograde » introduite par le ministre et qui, dit-il, a accordé les pleins pouvoirs non seulement au ministre lui-même, mais aussi au personnel d’encadrement des collectivités locales qui est à l’origine de toute la controverse actuellement suscitée.
« Le ministre, accuse le leader de l’opposition, a rejeté diverses formules proposées par les mairies et les conseils de districts en vue d’accroître les revenus des collectivités locales pour leur imposer une uniformisation des trade fees ». Alors que, argue-t-il, la mairie de Port-Louis n’a, par exemple, proposé une hausse des trade fees que pour les grandes entreprises, dans un autre cas, un conseil municipal a été mis devant un fait accompli après que des cadres ont, de leur propre chef, discuté avec le ministère. Dénonçant ainsi ce qu’il estime être la « mauvaise foi » et « l’hypocrisie » du ministre Aimée, Paul Bérenger dit prendre l’engagement de restituer aux collectivités locales les pouvoirs susceptibles de leur permettre de gérer comme il se doit leur budget respectif.
En ce qui concerne, d’autre part, la décision des autorités de permettre de nouveau à des opérateurs de sports nautiques la pratique du jet-ski, le leader du MMM parle de décision « typique de ce qu’est devenu le Ptr ». Paul Bérenger rappelle que le précédent gouvernement MSM/MMM avait interdit la pratique de ce sport en mer pour des raisons de sécurité après des accidents survenus mais aussi dans un souci de protection de l’environnement. Il allègue qu’en revanche les travaillistes ne se soucient quant à eux qu’à « protéger leurs petits copains ».
S’agissant de l’enquête sur l’assassinat de la touriste irlandaise Michaela Hearte, le leader de l’opposition dit avoir été « choqué » par la teneur de la déclaration faite par un officier de police mauricien au journal irlandais Irish Mirror dans sa livraison du 10 janvier dernier. Si, selon lui, cet officier de la police mauricienne a « dit certaines vérités, ce n’était pas à lui de le dire ». D’autant que, trouve Paul Bérenger, l’officier en question « a fait preuve d’une certaine naïveté » dans ses propos au journal irlandais. Le leader de l’opposition dénonce au passage le fait que, après que sa hiérarchie a estimé qu’il a fauté, le policier en question a été transféré à Rodrigues. Ce qui, pour lui, constitue « du mépris envers les Rodriguais ».
Répondant en conclusion à une question de la presse, le leader de l’opposition a estimé que, sur le fond, ce qu’a déclaré le Premier ministre, Navin Ramgoolam, par rapport, entre autres, au désarmement nucléaire, au droit du peuple palestinien à une terre ou encore par rapport à l’invasion américaine de l’Irak lors de son discours au rassemblement organisé mercredi,pour marquer la fête Yaum-un-Nabi, « rejoint ce que le MMM a toujours dit ». S’il concède de même qu’Ariel Sharon a bel et bien été de son vivant un « criminel de guerre », Paul Bérenger trouve néanmoins que Navin Ramgoolam a été « indigne d’un chef d’État » en choisissant d’attendre le décès de l’ancien homme fort de la droite israélienne pour en parler.