Le personnel du Rehabilitation Youth Centre (RYC) par le biais de la Prisons Officers Association (POA), réclame le transfert d’un assistant surintendant, catapulté depuis quatre mois par le Commissaire des Prisons pour s’occuper de la gestion quotidienne des centres de détention pour mineurs. Face aux doléances de ces membres, la POA envisage sérieusement de saisir une instance judiciaire appropriée pour contester la décision conjointe de l’Administration du Service pénitentiaire et le ministère de la Sécurité sociale, de la Solidarité Nationale et des Institutions réformatrices. Par ailleurs, le personnel du RYC disent que la ministre de la Sécurité sociale, Fazila Daureeawoo, n’a pas eu une seule rencontre avec eux pour discuter des problèmes survenus depuis qu’elle est en poste.
Remontés, les officiers du RYC parlent d’un assistant surintendant au passé peu glorieux qui a été suspendu de ses fonctions il y a plusieurs années pour cause de faute grave. Ce dernier, qui a reçu une formation pour travailler avec des prisonniers adultes, n’a aucune notion des conventions internationales sur les droits des enfants dont Maurice est signataire sans compter qu’il exercerait, selon eux, une pression énorme à tous les niveaux en imposant ses horaires de travail.
Pis encore, dénoncent ces derniers, « il passerait son temps à fumer à longueur de journée devant des mineurs ».
Le comble, affirment-ils, deux assistant surintendants du RYC (garçons et filles) ont été contraints à suivre à L’École de Formation de la Prison à partir du 27 Juillet 2015 un cours de deux semaines, destiné aux Principal Prisons Officers qui travaillent avec les détenus adultes et qui sont d’un rang inférieur à eux. Le programme n’a absolument rien à voir avec la nature de leur travail, car ils traitent avec les enfants. Ils se sont, donc, plaints auprès de la POA.
Par ailleurs, rappelle la POA, l’assistante secrétaire au ministère de la Securité sociale avait « maladroitement » le 31 octobre 2012, pris la décision d’annuler toutes les activités extérieures auxquelles s’adonnaient ces jeunes adolescents/es telles qu’assister à la messe chaque semaine à l’église du Sacré-Coeur à Beau-Bassin, s’adonner à des services communautaires, tels que le nettoyage des plages publiques, participer à des Educational tours, travailler en étroite collaboration avec les enfants du Centre d’Education et de Développement pour les Enfants Mauriciens (CEDEM), suivre des cours au Mauritius Institute of Training Development (MITD), pratiquer le Judo et la natation au complexe sportif de Beau-Bassin, visiter le Cheshire home à Palma entre autres.
Ainsi, suite à l’annulation de ces sorties et activités, les filles et garçons se sentent, depuis, stressés à l’intérieur des bâtiments, ce qui a occasionné pas mal de turbulences, évasions et autres formes de révolte.
Depuis peu, toutefois, le cadre de la prison en poste au RYC a recommencé avec lesdits activités donnant l’impression qu’il a tout « inventé », alors que ces sorties et activités ont tout le temps existé.
Face à cette situation « chaotique », les officiers estiment que le ministère a démissionné devant ses responsabilités et qu’au lieu d’identifier l’origine du problème, la ministre Fazila Daureeawoo a opté pour la voie de la facilité en commençant par céder l’administration quotidienne à un inconnu du système de réhabilitation pour mineurs.
Enfin, ils se plaignent du fait que depuis que Madame Daureeawoo a pris les rênes de ce ministère, elle n’a pas tenu une seule rencontre avec eux pour identifier les problèmes.
Les choses ne faisant qu’empirer, la semaine dernière, une fille a fait de l’automutilation au poignet et s’est fait admettre à l’hôpital Dr Jeetoo, alors que deux semaines de cela, une autre fille a tenté de mettre fin à ses jours par pendaison. Elle a été sauvée de justesse.  
Les employés du RYC lancent donc un appel au ministère de la Sécurité sociale, de la Solidarité nationale et des Institutions réformatrices, particulièrement à la ministre Daureeawoo et le Secrétaire permanent de ce ministère, d’assumer leurs responsabilités. Car, rappellent-ils, ils sont toujours dans le flou quant à qui est leur responsable : la Sécurité sociale ou le Service Pénitencier à travers le Prime Minister’s Office?