Trois titres sont restés dans la présélection pour la deuxième édition du prix Kavi Vadamootoo, du nom du psychanalyste et artiste peintre mauricien établi au Pays de Galles. Les ouvrages nominés étaient Red roses for the bride de Jag Ankiah, The Cave de Bharuth Koymar Pudaruth et Stopovers in a poet’s mind de Joseph Tsang Mang Kin. Bhismadev Seebaluck, le président de la Mauritian Writer’s Association, a annoncé hier vers 18 h dans la salle du conseil de Port-Louis que le prix revenait au premier de ces auteurs.
Jag Ankiah a déclaré hier soir devant l’assistance qui s’était déplacée à la salle du conseil municipal de Port-Louis qu’il ne s’attendait pas à recevoir ce prix, sachant par exemple qu’il était en lice avec un écrivain de la trempe de Joseph Tsang Mang Kin. Cet ancien bibliothécaire a alors entamé un discours sur la difficulté pour l’écrivain mauricien d’exercer son talent sans espoir d’être lu, et l’importance de savoir éveiller le goût de la lecture dans les bibliothèques. Il rêve de voir un jour les Mauriciens se promener dans la rue un livre à la main, et lire partout où c’est possible dans les bus et espaces publics, comme il a pu le constater dans d’autres pays.
Jag Ankiah a reçu son prix de Rs 100 000 et un trophée des mains du lord maire Mahmad Kodabaccus et d’Issa Asgarally, qui a été invité à lire et à commenter les trois derniers ouvrages en lice. Dans ce roman intitulé Red roses for the bride (Star Publications — 2010), il approuve particulièrement l’originalité des descriptions et la cohérence des personnages. Il y est question d’ascension sociale et de soif d’argent. Kakhi, un jeune Mauricien de milieu modeste, rêve de devenir riche, pensant que l’argent lui apportera bonheur et puissance. Aussi pour y parvenir, repousse-t-il sa petite amie pour épouser une femme plus âgée mais particulièrement aisée.
Qu’il s’agisse de Shakuntala Hawoldar, de Mary Vadamootoo, Bhismadev Seebaluck, Issa Asgarally ou du lord maire, les différents intervenants qui ont pris la parole avant que le prix ne soit décerné, ont à l’unanimité évoqué la nécessité de rendre les livres le plus accessible possible, notamment à travers les bibliothèques, espérant que les Mauriciens lisent davantage…