Imprimé à compte d’auteur sur un papier très épais, Remember, Mémoire du coeur propose dans sa première partie une série de lettres qui ont été écrites sur Pierre Georges Télescourt et des hommages que lui même a composés pour son épouse Justine, décédée avant lui, à Sir Dayandranath (Burrenchobay), ou encore à de grandes figures du monde éducatif telles que Esprit Dennemont, Jacqueline Patureau, Claude Fanchette et Daniel Koenig.
Le deuxième chapitre restitue une correspondance entre les deux protagonistes du livre, Jean-Georges Prosper et Pierre Georges Télescourt. Viennent ensuite d’autres évocation de personnes qu’il admirait, puis les textes de son recueil de poésie Sang de cette terre, précédé par la préface qu’il avait écrite lors de sa publication et suivi d’une série de contes, dont le premier s’intitule Ketty. Des éloges concluent l’ouvrage avec un témoignage d’Eddy Abraham et de quelques autres, ainsi qu’à la toute fin, un texte de Georges Télescourt lui-même sur l’oeuvre littéraire de Jean-Georges Prosper.
La préface est signée par Mirella Chauvin,  ambassadrice de Maurice en Australie, qui y apporte son témoignage personnel, en tant que nièce du poète. L’ancienne conseillère de la municipalité de Beau-Bassin/Rose-Hill explique en effet qu’elle se réjouit de pouvoir mieux connaître l’oeuvre de celui qu’elle connaissait comme un tonton très respecté, mais dont elle ignorait beaucoup en tant qu’enfant. Pierre Georges Télescourt écrit des poèmes inspirés par l’humanisme et la foi, à l’instar des quelques vers qui ouvrent l’ouvrage sur le symbolisme de la rose : « Enfant de la terre promise / J’avais dans ma poitrine / Une rose qui s’ouvrait comme une gloire. Sang de cette terre chaude / J’ai nourri l’arbre de l’espoir / Planté comme une croix dans la pierre éternelle… » Cet extrait de Sang de cette terre donne une idée du classicisme de l’auteur, reconnu aussi comme un francophone averti.
Outre le poète, le présent livre salue l’éducateur qui a marqué des générations entières comme professeur au Collège Royal de Port-Louis. Mirella Chauvin explique que s’il a enseigné les langues (l’anglais et le français notamment), il a aussi consacré beaucoup de temps à transmettre des valeurs de respect mutuel à ses élèves. Il disait lui-même enseigner « le respect des différences sociales, l’écrasement des préjugés, et le fait qu’on est tous frères en ce bas monde ». S’il aimait tant la littérature anglaise ou française, il n’en était pas moins un Mauricien profondément attaché au pays auquel il a voué l’essentiel de sa carrière.