Notre auteure la plus prolixe, Ananda Devi, se rend jeudi sous la coupole à Paris, pour recevoir le Prix du Rayonnement de la langue et de la littérature française décerné par rien moins que l’Académie française. Cette institution du XVIIe siècle propose quasiment depuis ses débuts différents prix visant à honorer la pensée sous ses formes les plus diverses. Les auteurs récompensés vont avoir droit cette année à un Éloge de la vertu prononcé par Valéry Giscard d’Estaing.
Le prix que va recevoir notre compatriote installée dans l’Est de la France Ananda Devi entend témoigner de la reconnaissance aux personnalités qui ont rendu des services particuliers à la langue et aux lettres. Contrairement au prix du roman par exemple, il ne récompense par un ouvrage de l’an passé mais s’applique à l’ensemble de l’oeuvre de l’auteur. Aussi ce prix, également décerné cette année à Velibor Colic, Pia Petersen et Shumona Sinha, est-il en quelque sorte le pendant direct ou le petit du Grand prix de la francophonie qui arrive en première place dans le palmarès des 58 prix que l’Institut attribue chaque année.
L’auteure d’Eve de ses décombres ne recevra pas sa médaille vermeille au cours d’un cérémonial protocolaire qui serait trop fastidieux pour un si grand nombre d’attributions. La tradition veut qu’une allocution à la gloire des lauréats soit donnée par un des membres de l’académie. Il s’agirait cette fois-ci de Valéry Giscard d’Estaing, immortel depuis décembre 2003 quand il s’est installé dans le siège de Léopold Sédar Senghor. L’ancien président de la République s’exprimera sur le thème de L’éloge de la vertu.
Soixante-huit auteurs vont être distingués jeudi dans les domaines les plus variés, de l’histoire à la philosophie en passant par la poésie ou les oeuvres qui font une place particulière à l’environnement. Le Grand prix de la francophonie étend le champ d’intervention de l’académie bien au-delà des frontières de la France, étant d’ailleurs lui-même doté par plusieurs gouvernements. Il est attribué cette année à Georges Banu et Fouad Laroui. Distinction plus médiatisée, le Grand prix du roman revient à Adrien Bosc pour son livre Constellation, tandis que les Grands prix de littérature Paul Morand et Henri Gal sont respectivement décernés à Gilles Lapouge et Maylis de Kerangal pour l’ensemble de leur oeuvre.