« La substance de ses visions poétiques et picturales, créatrices et prophétiques sera au centre des présentations et des débats de ce colloque. » C’est notamment ce qu’annonçait le président de la Fondation Malcolm de Chazal lorsqu’il a renouvelé son appel à contribution pour la préparation du colloque « Malcolm de Chazal : hier et demain » qui se tient à la Fondation, à Port-Louis du 10 au 13 septembre, après avoir été reporté l’an dernier en raison de l’empêchement de certains contributeurs.
Robert Furlong, le président de la Fondation Malcolm de Chazal, a voulu à travers l’intitulé « hier et demain » souligner le fait qu’une partie de l’oeuvre de cet « artiste intégral » reste à explorer, particulièrement ses essais métaphysiques qu’il avait publiés dans les années cinquante à un nombre très restreint d’exemplaires. La majorité de ses contes, qui n’ont été publiés que l’an dernier par la fondation elle-même, restent aussi pour cette raison à découvrir. Aussi son oeuvre picturale, éparpillée dans la région et à travers le monde entre de nombreux acheteurs, mériterait une approche plus analytique et critique afin par exemple de sonder en quoi l’art a amené Malcolm de Chazal « à une métaphysique du monde à quoi la pensée par elle-même appuyée sur la plume n’aurait pu me conduire » comme il le disait lui-même.
Organisé conjointement avec la faculté de sciences humaines de l’Université de Maurice, ce colloque accueille au total vingt participants dont les conférences ont été sélectionnées par un comité scientifique. La moitié de ces personnes viennent de l’étranger, de pays aussi variés que le Cameroun, la Louisiane aux États-Unis, la Lauzanne en Suisse, la France ou la Belgique. Ces chercheurs ne sont pas tous universitaires mais tous s’intéressent de près à l’auteur mauricien. À part quelques Mauriciens ainsi que les Français, Christophe Chabbert et Hélène Laprevotte, tous ces intervenants sont des nouveaux venus dans l’univers chazalien, ce qui, selon Robert Furlong, témoigne d’un intérêt croissant pour ce créateur.
Ainsi est-ce « le croyant en une vérité universelle faite de féerie et d’humanisation des montagnes, des plantes et des êtres » qui sera célébré tout autant que le fervent défenseur de son île Maurice dont il n’a pu se séparer quand l’opportunité lui en a été offerte. Ainsi a-t-elle été son lieu de vie et sa muse à bien des titres avec l’appui de mythes originels tels que celui de la Lémurie qui hante les pages de Petrusmok ou de l’île Maurice protofolklorique, historique et légendaire. Seule ombre au tableau, l’exiguïté des locaux de la fondation fait que seulement une trentaine de membres du public pourront être accueillis en plus des vingt participants.