Le photographe Jano Couacaud revient dans l’actualité avec le livre bilingue Île Maurice, l’âge de pierre, dans lequel il propose une balade dans tous les recoins du pays à travers ce dénominateur commun qu’est le basalte. Omniprésente dans les paysages et fréquente dans de nombreuses constructions, cette pierre volcanique lui a fourni un bon prétexte pour raconter son île à sa manière.
Après une trentaine d’années passées en Australie, Jano Couacaud est revenu à Maurice il y a cinq ans avec en tête l’objectif de se remettre à la photographie. Il était resté à jamais marqué par la rencontre avec les dockers de Port-Louis photographiés au travail en 1980, à quelques semaines de l’introduction du système du vrac qui allait mettre fin à leur métier. Ses images en noir et blanc et les témoignages qui les accompagnaient avaient alors donné une dimension mythique à ces héros du port, précieuse cheville ouvrière de l’économie du pays, ancienne avant-garde des grandes luttes syndicales des années 70.
De retour à Maurice, le photographe n’a pas tardé à choisir la pierre de basalte comme sujet d’investigation, réalisant qu’elle est à la fois le matériau constitutif de l’île à l’état naturel et un élément de construction particulièrement présent depuis les premiers pas des colons français. Si le basalte apparaît dans chacune des 220 photographies présentées, l’auteur n’en a cependant pas exploité ici la veine symbolique ou la dimension mythique comme a pu le faire Malcolm de Chazal dans Petrusmok. Aussi lorsqu’il intitule son ouvrage L’âge de pierre, il n’y met pas une once d’ironie, ne voulant en aucun cas faire allusion à une quelconque ère archaïque…
Ce gros ouvrage au format à l’italienne de 232 pages présente le basalte sous toutes ses formes à travers des photographies en couleur et des textes courts, en anglais et en français, qui donnent quelques repères historiques et parfois de simples commentaires. Beaucoup de lieux et bâtiments connus sont présentés ici, comme les colonnades du bureau du Premier ministre, le théâtre de Port-Louis ou les tours Martello, mais ils le sont parfois sous un angle inattendu, comme le Coin de Mire placé ici au premier plan de l’image avec le littoral de Maurice en ligne de mire.